Bergson. Matière et Mémoire. Paris, 1903, p
4. Descartes. Le monde, Œuvres, éd. Cousin. Paria, 1824-26, p. 91.
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polarisation que nous observons directement et qui ne s'expliquent pas ou qui s'expliquent fort mal par toute autre supposition, prêtent un appui singulier à la thèse, et de même le mouvement brownien, tel qu'il a été observé par M. (louy, puisqu'il rend directement visible, par ses effets, Tagilation des parties.
Mais la confirmation la plus éclatante lui est venue parla physiologie, par ce qu'on appelle la théorie de « l'énergie spécifique des organes sensoriels ». C'est encore une conception théorique, mais appuyée sur des faits physiques et physiologiques directemeut observables. Elle a été formulée vers 1830 par le physiologiste Johannes MuUer et consiste à affirmer que la nature spécifique de la sensation dépend, non pas de celle de la cause extérieure qui la produit, mais uniquement de l'organe qui la transmet. Ainsi, que le nerf optique soit affecté par une excitation quelconque, que ce soit ce que nous appelons proprement de la lumière, ou une action mécanique, une excitation électrique, ou même un processus morbide, ce ((ue nous ressentirons sera toujours une sensation lumineuse. La lliéorie primitive de MuUer a subi, depuis, quelques modifications, mais il semble bien qu'en dépit de nombreuses attaques elle soit restée debout daus ses parties essentielles*. Les faits physiologiques tendent à la confirmer. Helmholtz qui on était un partisan déterminé, a fait observer, entre autres, que nos organes sensoriels semblent disposés de manièreà être très accessibles à des excitations d'une certaine nature et protégés contre toutes les autres. Ainsi, la rétine est protégée contre la pression et l'excitation électrique, alors que la lumière peut facilement pénétrer jusqu'à elle-. Il a démontré également (jue les couleurs les plus pures que l'œil soit susceptible de percevoir sont purement objectives^. Maisdes faits physiques très solides viennent également à l'appui. Ainsi, depuis les travaux d'Ampère^ et de Melloni^ aucun doute n'est permis
i. Cf. Bi.NET. L'âme et le coi^is. Paris, s. d., p. 266.
2. Helmholtz. WissenschafUiche Abhandlungen. Leipzig, 1882, vol. II, p. 602.
3. Id. Populaere wissenschaftliche Voriraege. Braunschweig, 1876. II, p. 53.
4. Cf. RuBENs. Le spectre infra-rouge. Congrès inlernaUonal de physique de 1900, vol. II, p. 142.
5. Melloni. Sur V identité de diverses radiations. Comptes rendus de TAca demie des sciences, XV, 1842, p. 454 ss. — Cf. Abria. Observations, etc.. Travaux de la Société de Bordeaux, vol. IV. 1866, p. 78 ss.