‹ Identité et réalitéChapitre 204 sur 274 · Lasswitz, /. c, vol. I«s p. 233 ss · texte numérisé non relu

Lasswitz, /. c, vol. I«s p. 233 ss

2. Pour Paracelsc, comme pour la plupart des alchimistes, les éléments d'Aristote se retrouvent au-dessous des éléments chimiques ; il y a là, pour ainsi dire, deux degrés de simplicité (Kopp, Die Alchemie, vol. I p. 35). A une époque un peu postérieure, Nicolas Le Fèvrc identifie au contraire les

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porteurs de qualités est tout à fait net. Paracelsequi est entièremeut pénétré de ces théories', expose qu'on retrouTe toujours, à l'analyse» les mêmes trois éléments. Ce qui brûle est le soufre, ce qui fume et sublime est le mercure, et ce qui demeure comme résidu après la combustion est le sel. Rien d'autre ne brûle que le soufre* et l'on infère inversement, par la combustibilité d'un corps, qu'il contient du soufre.

11 est d'ailleurs à peine besoin de faire ressortir combien cette conception se rattache étroitement au fond même de la doctrine philosophique de Tépoque. Parce que les corps combustibles constituent une classe, un genre, on en conclut qu'ils doivent contenir un élément commun, et cet élément, hypostase de la combustibilité, qualité commune qui réunit les diverses espèces, est par là même une hypostase de (' ridée » du genre <( combustible ». Ce genre est une subdivision d'une classe supérieure de concepts, ainsi qu'il appert du terme « matière combustible » ; ce concept particulier est donc formé d'un autre plus général matière, auquel s'ajoute raccède) un déterminant. Si ce dernier n'est pas quelque chose qui naît et disparait sans que l'on doive en indiquer la raison, mais au contraire, comme chez Scot Erigène, quelque chose qui persiste et ne fait que changer de place, il devient luimême une sorte de substance.

En poussant jusqu'au bout cette doctrine, ou arrive à représenter le monde matériel comme un ensemble composé, en dehors d'une substance fondamentale qui représente le concept le plus général de matière, de toute une série de substances secondaires hypostasiant les qualités. Le système le plus complet qui ait été imaginé dans cet ordre d'idées a eu pour auteur un philosophe du xvn<^ siècle, Claude Guillermet, seigneur de Bérigard. Mais quoique, nous venons de le voir, ces idées sur la substantialisation des qualités découlent, par une évolution légitime, des conceptions péripatéticiennes, le système de Bérigard n'est plus uniquement tributaire du péripatétisme. C'est au contraire une atomistique, mais, selon l'expression de M. Lasswitz, qui a attiré l'attention sur cette

éîléments d'Aristote cl ceux des chimistes, le phlegme est l'eau, le principe spiritueux ou iiiorcuriel l'air, le principe sulfureux ou huileux le fer, le principe salin la terri'.

1. Paracelse est l'initiateur de Tiatrochimie. Mais nous avons vu (p. 213 88.) que les théories sur les éléments restent à peu près les mêmes. Le but seul de la chimie se modifie.

2. Paracblsus, Œuvres, éd, Huscr. Bàle 1389. Paramirum I, !•% p. 74.

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