HAÎfMEQUIN, /. c. p
3. là., p. 217, 222, 223. L'élasticité dos (leu.v milieux (éltîctrique et luminifère) accuse « une différence profonde et vraisemblablementirréductible •». C'est là une « opposition fondamentale et vraisemblablement déOniti\e ».
\\'2 LE MKCANISME
trer la voie par où il sera possible fiualement de faire disparaître la spécificité des phénomènes chimiques ; de même enfin la théorie électrique de la masse qui rattache le phénomène mécanique au phénomène électrique. Pour mentionner encore un point particulier : la théorie purement mécanique de Téther se trouve un peu délaissée depuis quelques années par suite de la prédominance des théories électriques; mais on peut voir, par un travail présenté par lord Kelvin au Congrès international de physique de 1900 \ que l'opposition entre les diverses propriétés en apparence si discordantes de ce milieu hypothétiqne s'était déjà sensiblement atténuée. Si donc la faveur devait revenir un jour aux théories purement mécaniques — ce qui, après tout, est possible — il n'est pas dit ([u'on ne trouvera pas moyen de concilier plus ou moins les divergences en question. En tout cas, cet espoir ne nous est pas interdit, car, encore une fois, on n'a jamais prouvé que la tache fût impossible.
Mais si Ton pénètre tout au fond des théories mécaniques, un obstacle se révèle d'une nature très différente de ceux dont nous venons de traiter.
Toutes les hypothèses mécaniques présentent ce trait commun qu'elles cherchent à expliquer les phénomènes de la nature à l'aide du mouvement : c'est pourquoi on les a désignées aussi quelquefois par le vocable de cinétiques^ qu'on a pourtant appliqué plus souvent à une théorie particulière de l'état gazeux. Outre le mouvement, ces théories se servent encore des concepts de masse et de force, quelquefois de l'un des deux seulement, mais plus souvent des deux concurremment. Pour notre analyse, il convient de distinguer ces trois classes. Nous désignerons comme corpusculaires (terme inventé par Boyle- et qui semble les caractériser assez bien), celles qui ne font usage que de masse et de mouvement, et nous appelle-
1. Lord Kelvin. Sur le mouvement d'un solide élastique, etc. Gon/?rôs international de physique de 1900, vol. Il, notamment p. 21-25.
2. Boyle. Works. Londres, 1772, vol. III, p.5. U est certainement regrettable, au point de vue de la clarté des nomenclatures, que les créateurs de la théorie électrique de la matière aient cru devoir employer ce terme pour désigner l'élément ultime postulé par eux. Mais on croit deviner les motifs, très probablement inconscients, qui les ont guidés. Cet élément, étant un phénomène purement électrique, n'a plus rien de proprement matériel et ne se trouve donc plus rattaché par rien à notre sensaUon (Cf. p. 90 et 282-283). Le nom par lequel on le désigne crée au moins un lien factice là où toute autre liaison fait manifestement défaut.
LES HYPOTHÈSES CORPUSCULAIRES 53
TOUS dynamiques celles qui ne se servent que de force et de mouvement. Ce terme a été quelquefois employé dans un sens très diflérent S mais il suffit d'en fixer la signification. Enfin, nous ne connaissons pas de terme spécial applicable aux théories qui emploient à la fois les concepts de force et de masse.
Ce sont les hypothèses corpusculaires qui ont paru de tout temps les plus satisfaisantes au point de vue théorique. Beaucoup de théoriciens de la science ont cru, pendant une certaine période^ à la possibilité de réduire tous les phénomènes aux seuls termes de masse et de mouvement. D'aucuns même croyaient cette réduction prochaine. Les tentatives récentes de grands physiciens, Lord Kelvin et Hertz, montrent que les savants n'ont pas encore abandonné tout espoir de se débarrasser de ce concept de force qui paraît à certains d'entre eux un scandale.
U est aisé de se rendre compte d'où viennent les difficultés. Les théories corpusculaires — on le voit clairement par la théorie cinétique des gaz qui est la seule partie vraiment achevée du système — supposent l'existence de particules séparées^ atomes ou molécules. C'est à dessein que nous nous sommes servis de cette expression indéterminée de particules, alors que, bien souvent, on emploie celle de particules de matière. La matière est un concept complexe ; elle a une température, une couleur, quelquefois une saveur. Les corpuscules sont dépouillés de toutes ces propriétés ; ils n'ont gardé, de la matière, que quelques caractéristiques dont la principale est la masse. Mais celle-là leur est essentielle. Il faut en effets de toute nécessité, qu'ils puissent agir les uns sur les autres.
Cette action ne saurait s'opérer, de toute évidence, que par le choc. Cela se voit clairement dans la théorie cinétique des gaz. Mais, quoique VHydrodynamica de Daniel BernouUi, où cette théorie se trouve ébauchée pour la première fois, n'ait paru qu'en 1738, on ne sera pas étonné de constater que le problème avait été agité par Leibniz et par Huygens bieu avant cette époque : nous venons de voir, en eOet, que l'action par le choc constitue l'élément essentiel, non pas de la théorie des gaz seule, mais de toute théorie corpusculaire. On peut ainsi se convaincre, en étudiant les écrits de ces