Cf. plus bas p
2. Gaulés, Due nuusimi sistemi. Œuvres, Florence, 1842, vol. I, giorn. I, p. 40. On trouvera un excellent historique du concept de la gravitation chez M. DuHBii. La théorie physique, Paris, 1906, pp. 367 ss.
3. Kepler, Opéra omnia, éd. Frisch, Francfort, 1870, vol. III, p. loi. Chez Kepler cette appétence était d'ailleurs, comme chez Newton, mutuelle. «Gravitas est afîectio corporea mutua inter cognata corpora ad unitionem seaconjuncUonem... »
4. Dbscartes, éd. P. Tannery et Adam, vol. IV, p. 396. Cf. Duhem. t. c. p. 19.
Meverson. 5
Quand l'hypothèse de la gravitation universelle fut formulée, elle se heurta, en dépit de Ténorme progrès que la loi découverte par Newton faisait accomplir à la physique céleste, à des résistances très fortes de la part des contemporains. Leibniz surtout a été très affirmatif à cet égards Huygens déclare, de même, que vouloir supposer que la gravitation puisse être due à une qualité intrinsèque et inhérente aux corps, c'est « formuler des principes obscurs et que personne ne saurait comprendre- ». Il s'est d'ailleurs donné beaucoup de peine pour constituer une théorie mécanique de la gravitation, sans arriver à un résultat bien satisfaisant. Newton lui-même semble, au moins au début de ses travaux, avoir envisagé la possibilité de réduire la gravitation à une action du milieu^.
La nouvelle notion semblait découler directement de la loi établie par Newton, et cette loi dominait absolument une des parties les plus importantes de la physique, celle dont le développement avait été le plus rapide et le plus complet. Dans d'autres parties, elle permettait des simplifications de calcul importantes et, nous Ta vous vu, elle promettait de fournir la base d'une théorie générale de la matière. Il était donc naturel qu'elle triomphât. Ce sont, au contraire, les résistances qu'elle rencontra qui étonnent. Sans doute, on peut attribuer celles du début à l'influence de Descartes, qui avait façonné la science et la philosophie tout entière et qui dominait même des esprits aussi puissants que Leibniz et Huygens. Mais si Ton examine ce qui se passa par la suite, on s'aperçoit qu'il y eut toujours, dans la science, un fort courant de résistance contre la conception d'une action à distance. D'Alembert en 1735 traitait les forces, en tant que causes motrices, d'êtres « obscurs et métaphysiques qui ne sont capables que de répandre des ténèbres sur une Science claire par elle-même * » ;
i. Sur Leibniz, cf. Appendice 1, p. 405 ss.
2. Ghr. Hugbnïï Zullichemi Opet^a reliqua, Amsterdam 1726, Dissertatio de causa gravi tatis, p. 95. « Idipsum Philosophos coegit causam admirabilis illius rei in corporibus ipsis solum quserere et tribuere iilam qualitati alieni internœ et inhaerenti, qusB corpora ad inferiora et versus terrœ cen- Irumimpelleret: autnesciocuiappetituipartiumut totisc unirent. Quod erat non causas exponere. sed ponerc principia obscura et intellecta a nemine. »
3. NEwton. Oplicks, 3» éd.. Londres 17il. Question XXI et surtout le 2* avertissement à cette question. Cf. Appendice l,p. 411 ss.
4.D'Al£mbert. Traité de dynamique, 2« éd. Paris, 1758, p. 16.