SAISON NOUVELLE
Sans bruits, sans bruits, dans les fourrés brûlants,
Vive au travail, la jeune sève Bondit au corps des sapins, gonfle et crève
L'étroit corset des bouleaux blancs.
Sans bruits, sans bruits, mille roses vermeilles S'ouvrent dans les buissons naissants ;
Le fm babil des bourgeons grandissants Est trop subtil pour nos oreilles.
jo IDYLLES ET CHANSONS.
Fécond vsilence où le Printemps se plaît !
Seul, parfois, dans la feuille sourde Craque un bois sec qui, d'une chute lourde,
Ecrase l'herbe... puis se tait!
C'est le bruit court, cassant, aux échos graves, Que le penseur dans son cerveau
Entend gémir, au temps du renouveau, A travers ses rêves suaves,
Le râle éteint, le lamentable effort Des vieilles, des hautes pensées
Qui fleurissaient dans nos saisons passées, Et qui descendent vers la mort !