‹ Idylles et poèmes champetres. Choisis et précédés d'une introdChapitre 16 sur 33 · L^AMOUR DISCRET · texte numérisé non relu

L^AMOUR DISCRET

Et lorsque dénouant sa modeste ceinture.

Elle semble sortir des mains de la nature.

Bientôt, croyant n'avoir de témoins que les cieux.

Troublée au bruit du vent, confuse d'être nue,

N'osant se regarder, craignant d'être apperçue.

Elle s'ouvre un abri dans les flots ténébreux.

De ses membres unis, l'eau mollement pressée

Réfléchit autour d'elle un éclat de rosée :

Quelquefois ses cheveux d'un voile humide et frais

Embrassent à demi tous ses charmes secrets.

Comme un lys humecté des larmes de l'aurore,

Elle fleurit dans l'onde, et s'embellit encore.

Damon la voit, s'enflamme, et vole vers le bain :

Le seul penser du crime aussitôt le rappelle,

(Si pourtant il en est dans un amour fidèle !)

Il fuit, et sur les bords du dangereux bassin,

^ette ces vers, tracés d'une timide main :

« L'Amour va te garder; baigne-toi sans alarmes

D'autres yeux que les siens ne verront point tes charmes.»

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