‹ Idylles et poèmes champetres. Choisis et précédés d'une introdChapitre 25 sur 33 · SUR UN TOMBEAU · texte numérisé non relu

SUR UN TOMBEAU

Et moi, chaque fois que l'aurore Mouillera de pleurs ton gason, Je veux y revenir encore Soupirer ma triste chanson.

Auprès de mon amie.

Je coulois de beaux jours ; D'une si douce vie J'ai vu finir le cours.

Félicité passée, Qui ne peux revenir, Tourment de ma pensée !

Que n'ai-je, en te perdant, perdu le souvenir !

On peut être aussi belle, On peut autant charmer :

Mais qui peut, autant qu'elle Qui peut jamais aimer ?

Félicité passée, etc.

Souvent de cette eau pure Nous suivions les détours:

Quand j'entends son murmure Je songe à nos amours.

Félicité passée, etc.

Souvent j'allais l'attendre Sous ces ormes touffus :

Elle venoit s'y rendre :

Cet heureux tems n'est plus !

Félicité passée, etc.

Voyez dans ces asyles Nos chiffres enlacés !

Dans des jours plus tranquilles Ma main les a tracés.

Félicité passée, etc.

Ce même air que je chante, Que je chante en pleurant.

Avec ma jeune amante Je l'ai chanté souvent.

Félicité passée, etc.

Combien de fois l'aurore Fut témoin de nos jeux !

Combien de fois encore Le soir nous vit heureux !

Félicité passée, etc.

Elle cessa de vivre, Quand on nous sépara :

Mon cœur devoit la suivre :

Rien ne me la rendra.

Félicité passée, etc.

L3n-e tendre et plaintive !

Tes airs sont superflus; Sur l'infernale rive, Eglé ne t'entend plus, Félicité passée, Qui ne peux revenir.

Tourment de ma pensée !

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