‹ Idylles et poèmes champetres. Choisis et précédés d'une introdChapitre 3 sur 33 · LA VAINE PROMESSE · texte numérisé non relu

LA VAINE PROMESSE

Mais elle a beau pour le séduire, Tourner sur lui, d'abord, un regard languissant ; Ses yeux, pour cette fois, ont perdu leur empire : Elle a beau l'appeler, et d'un air agaçant,

Lui serrer la main, lui sourire :

Ce nouveau charme est impuissant. Berger, dit-elle enfin, je crois l'heure passée. Non, dit Thestile, à peine est-elle commencée. Elle attendit encor; mais au bout d'un moment-:

L'heure est passée, assurément, Dit-elle avec dépit et comme un peu lassée. Ohl cela ne se peut, répondit le Berger. Eh bien, donc 1 puisqu'il faut que je sois embrassée

Ne tarde plus à te venger :

Je te rends ta promesse, et te permets de prendre

Tant de baisers que tu voudras

La Bergère, à es mots, se penche dans ses bras. Lui jette un doux regard, lui sourit d'un air tendre

Thestile ému, balance un peu :

Puis, cédant au désir dont l'ardeur le tourmente. Il applique à sa bouche une bouche de feu, Et par mille baisers satisfait son attente.

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