SCÈNE PREMIÈRE
CHAMBORD, LOUt'Y, BORAH, PIERRETTE.
Chambord et les deux mendiant» saot astis sar les pierres, au pied du gro* arbre; Pierrette dort étendue par tarra : ils se rluulltnt A un feu d* brandi», olUmée* devant eux. La fiailla Borah tient aa petit enfant au maillot, l'nc espèce d* bout de tae, fermé par une corde, est aux pieds d* Chambord. L( menslisnt Loupy porte besaeé (I boion, Chtmhurd, aue grosse canne; Pierrette a an vieux panier A faire da t’hsrbe.)
CltAMHORD, (amant un cigare. Que le (tiublc étrangle CC petit
drôle de Rouget 1 trois heure* avec ses jambes de lièvre pour aller à Pré-Saiut-Pol et revenir 1 rorah. Dame! y a loin.
Chambord. Vieille sotie! endors ton mioche... si le gaillard at.til des lapins bleus à ses trousses, il ne trouveiail pa* le
chemin si llHIg. (Regardant l'enfant que brrr» tereb.) OÙ diable »»-
lu pris ce marmot-là? tu ne l'avais pas dimanche.
boraii, riant. Ali! ah! c’est une petite fille; ça apprendra à sa mère à laisser sa porte ouverte ouand elle va aux champs. loupv. Elle l'a volée... (Grelottant.) brrr...
CiiAMRtjRi). L autre poltron qui grelotte!
locpt. C'est que la lune est fraîche dans le boi*. ciiamuord. Il (ait un temps superbe... Est-ce que tu as lha- I blinde de coucher dans un lit, toi? nasse pour moi qui ai vécu j dans des paiaii et des vaisseaux. J'avoue pourtant qu'il fait plus chaut! sur le lit de camp du bagne, entre deux camarades... liulsa I petite! ça dort comme une marmotte.
ËORAn, pout«int du pied Pierrette qui dort étendue A terra. Pierrette,
réponds doue à Monsieur, fainéante.
PIERRETTE, i‘e<te; ant tur m genoux. Oh! la! la! (plourout.) J’ai froid.
BORAII, lctiDl ta main pour la battre. J’ le va* lécllttufler!
. loi pt. Est-elle douce, c'te mère Borah I : borah. Mêlez-vous d‘ vos aflaires. (a la p«iit«.) Monsieur P fait
l'honneur de f parler.
ciiambord. Va ramasser du bois, et entreliens-nous le feu.
BORAII, répétant. Va chercher du bois I (LA petite, d’un tir hébété, va raniaorr de» branche* «éeliee, *1 lee apporte dam lé feu. La lamma a*
luupy. Ah çà, dites donc, monsieur Chambord, c’e«t un drôle d* métu r (oui de même que nous faisons là, d aller brù-
I ler les meules, les ferme» et le» fabriques.
cnA«Bu!t(>. Qu'est-ce que cela te fait, pourvu qu’ou te paye! ça t\ inpêclu'-l-il de mendier?
loup y. U;th ! au contraire, ça ine rapporte assez bien depuis qu' vous m'avez engagé. Ce*t, voyez-vous «etüeiittfll, qu' je tondrais bru savoir un peu pourquoi qu' c'est faire. ciiambord. Imbécile’ c’est pour sauver la France.
LOUFY. AU !•. qu'on la brûle?
ciiambord. Sans doute : elle est trop riche, ça fait tort au gouvernement, parce quand le peuple... Suis-je bêle de lui expliquer ça ! est-ce que tu entends quelque chose à la politique, toi?
borah. Y n'y entend rien.