PLANCHE II
DEWEVREA M. Micheli
in Th. Dur. et De Wald. Matériaux pour la flore du Congo, Fasc. II p. 4 (Bull. Soc. roy. de bot. de Belg. XXXVII, 1 {1898) p. 47).
Calice à tube court et large et à limbe bilabié, lèvres presque égales entre elles et entières. Corolle papilionacée. Étendard réfléchi pendant la floraison, largement ovale émarginé, brièvement onguiculé et portant deux callosités à la base. Aïles largement ovales, libres. Carène large et obtuse à pétales libres entre eux mais légèrement imbriqués. Étamines diadelphes, la supérieure entièrement libre; anthères oscillantes. Ovaire presque sessile, renfermant 3 ou 4 ovules et entouré à la base d'un disque élevé, à 10 lobes. Style allongé surmonté d'un petit stigmate. Fruit inconnu. Arbre glabre sauf dans les parties jeunes couvertes d’une pubescence ferrugineuse. Feuilles amples imparipennées, à stipules ovales, caduques et dépourvues de stipelles. Folioles trijuguées, ovales et coriaces. Fleurs jaunes disposées en grandes grappes axillaires et terminales. Bractées et bractéoles: très petites et tombant de bonne heure.
Ce genre est dédié à Alfred Dewèvre, docteur en sciences naturelles, chargé d’une mission scientifique au Congo et décédé à Léopoldville le 27 février 1897.
DEWEVREA BILABIATA M. Michel
in Th. Dur. et De Wald. Matériaux pour la flore du Congo, Fasc. II p. 5 (Bull. Soc. roy. de bot. de Belg. XXXVII, 1 (1898) p. 48).
Arbre élevé à rameaux cylindriques et à écorce lisse. Stipules scarieuses, coriaces, ovales, aiguës, caduques, longues de 1,5 à 2 cm. Pétiole commun long de 20 cm., anguleux, glabre. Folioles trijuguées, glabres, coriaces, brillantes en dessus, plus pâles et à nervures saillantes en dessous. Foliole terminale plus grande que les autres, obovale, sensiblement rétrécie vers la base, longue de 16 à 18 em. et large de 8 à 10. Folioles latérales plus étroites. Grappe longue de 30 à 40 cm. Fleurs portées sur des pédicelles grêles de 7 à 8 mm., étalés ou même réfléchis. Calice ferrugineux, tomenteux, long de 10 à 12 mm., à tube court, à lèvre supérieure
étroite et binerviée et à lèvre inférieure étalée pendant la floraison et trinerviée. Etendard long de 12 à 15 mm. pubescent en dehors, ailes et carènes un peu plus longues. Ovaire tomenteux.
Forêts près de Stanleyville (Ém. Laurent et Alf. Dewèvre).
OBs. — Cette plante nous a paru offrir des caractères assez spéciaux pour justifier la
création d'un genre nouveau qui appartiendra à la tribu des Galégées ou à celle des Dalbergiées suivant la nature du fruit qui, pour le moment, nous est inconnu. Parmi les Dalbergiées, le Dewevrea se rapproche surtout de la sous-tribu des Géoffrées à cause des pétales libres de la carène. Deux genres de cette sous-tribu, Dipterixæ et Plerodon, ont un calice bilabié, mais les lèvres ne sont pas entières et l'ovaire n'a qu'un ovule au lieu de 3 ou 4. Parmi les Galégées, le Dewevrea se distingue des genres les plus voisins, Alletia et Platysepalum par la structure du calice, par les ailes et les pétales de la carène libres et non soudés et par le nombre des ovules. Du Platysepalum, il a le disque élevé qui entoure la base de l’ovaire. C’est à la suite de ce genre, que pour le moment et jusqu'à plus ample information, nous proposons de le placer.
M. MICHEN.