PLANCHE VII
SCAPHOPETALUM THONNERI De Wildeman et Th. Durand
ex De Wäild. in Bulletin de l'Herbier Boissier V (1897) p. 521 pl. 21.
Arbrisseau de 2 m. de hauteur. Feuilles à pétioles courts de 6 à 8 mm. de longueur, velus, plus courts que les stipules. Stipules subulées à nervures parallèles bien marquées, parfois caduques. Extrémité des rameaux couverte de poils bruns, dressés. Feuilles alternes, oblongues, acuminées, entières, vertes, luisantes sur la face supérieure, coriaces, -glabres sauf le long de la nervure médiane de la face supérieure où la pilosité du pétiole se continue, mais bien moins marquée. Feuille de 9 à 23 cm. de longueur et de 2,5 à 7,5 cm. de diamètre. Feuilles asymétriques ; côté droit des feuilles situées sur la droite, et côté gauche de celles situées sur la gauche des rameaux contracté vers la base. Nervures pennées. Face supérieure de la feuille présentant du côté contracté et à la base un repli en forme de bourse dont l'ouverture se trouve à la face inférieure contre la nervure médiane, Nervures de la face inférieure asymétriques, la première nervure de droite ou de gauche, au lieu de s'écarter de la nervure médiane à peu près à angle droit, forme avec celle-ci un angle très aigu et se rattache à une distance de 20 à 25 mm. de sa base par une petite nervure à la seconde nervure latérale, près de la nervure médiane. Entre la nervure principale et cette nervure latérale, se trouve l'ouverture de la bourse, celle-ci n'est donc pas ouverte par un pore (1). Fleurs petites, 5 mm. environ de longueur, réunies en fascicules dressés, ramifiés plus ou moins en dichotomie, de 10 à 20 mm. de longueur, à l’aisselle des feuilles encore existantes et cachées généralement sous celles-ci; feuilles recouvrant souvent une partie du rameau par leur base élargie. Pédicelles floraux de 5 à 6 mm. de longueur, munis de petites bractées subulées. Boutons ovoïdes-elliptiques à cinq côtes bien marquées, terminés en pointe obtuse à l'extrémité et se rétrécissant vers le pétiole. Sépales 5, libres presque jusqu'à la base, oblongs, velus extérieurement, plus ou moins carénés, à trois nervures bien marquées. Pétales 5, verts, de même longueur environ que les sépales, oblongs-obtus, recourbés en capuchon vers leur extrémité, nettement striés. Tube staminal membraneux, pentagonal, divisé en dix segments, les cinq coins sont
(1) Ce repli de la feuille est habité par des fourmis, ce dont on peut s'assurer en fendant les bourses; on y retrouve souvent les habitants,
fertiles, les intermédiaires stériles ; lobes fertiles recouverts dans le bouton par les pétales, portant à leur extrémité vers l'extérieur six loges polliniques ; lobes stériles un peu recourbés vers l'extrémité et présentant à gauche et à droite de la partie médiane près des anthères une petite corne. Ovaire oblong à cinq lobes peu marqués et à cinq loges. Style simple, dressé ou légèrement recourbé à son extrémité. Fruit étoilé, à cinq loges bien marquées, proéminentes au sommet ; chacune des loges contenant quatre graines, placentation centrale. Fruit rouge.
Clairières des forêts : Bobi, près de Gali (Bangala) sept. 1896 (Fr. Thonner). Matshatsha 13 novembre 1896 (AI. Dewèvre).
Ogs. — Cette espèce se rapproche surtout du S. longipedunculatum Mast. comme nous l’avons signalé dans le Bulletin de l’Herbier Boissier (V p. 524), mais elle s’en distingue facilement par la forme de l'inflorescence et par la présence du repli à la base des feuilles, ce qui en fait une plante myrmécophile très curieuse.
Nous avons dédié cette espèce au botaniste allemand, M. Fr. Thonner, de Dresde, qui à fait don au Jardin Botanique de Bruxelles, des plantes rapportées de son voyage dans le Haut-Congo.
Nous avons donné les caractères du fruit d’après les échantillons récoltés par Dewèvre.
Quelques semaines après l'apparition de notre mémoire dans le Bulletin de l'Herbier Boissier, le célèbre botaniste de Berlin, M. le D' K. Schumann, semble avoir décrit le S. Thonneri sous le nom de S. monophysca (conf. Engl. et Prantl, Natürl. Pflanzenfam. Nachtrag zu Teil II à IV, p.247);