‹ Illustrations de la Flore du CongoChapitre 111 sur 174 · PLANCHE LXIII · texte numérisé non relu

PLANCHE LXIII

ENTANDROPHRAGMA CANDOLLEANA De Wild. et Th. Dur.

Contrib. fl. Congo I (1899) p. 14 (Ann. Mus. Congo Bot. sér. 2, I [1899] p. 14).

Grand arbre atteignant 30 mètres de haut, ample, à feuilles caduques, à rameaux glabres, montrant de nombreuses cicatrices de feuilles. Feuilles longuement pétiolées, de 25 à 40 cm. de long pétiole compris, paripennées, à 6-8 paires de folioles opposées ou subopposées, subsessiles ou très courtement pétiolées, oblongues-elliptiques, cunéiformes-aiguës à la base, à sommet aigu, subcoriaces, opaques, de 7 à 12 cm. de long et de 3,5 à 5,5 em. de large, glabres et luisantes sur la face supérieure, plus pâles en dessous, rudes au toucher, et légèrement hirsutes sur la nervure médiane; à nervures secondaires alternes ou opposées, au nombre de 6 à 8 de chaque côté de la nervure médiane; rachis subcylindrique, glabre, légèrement aplati-biangulaire à la base. Panicules florifères longuement pédonculées, ramifiées, généralement plus courtes que les feuilles, de 18 à 26 cm. de long, glabres ou très légèrement pubérulentes. Fleurs odorantes pédicellées, à pédicelle de 2 mm. environ de long. Calice glabre, à lobes peu profonds, plus ou moins arrondis, subobtus, beaucoup plus court que la corolle. Pétales au nombre de 5, d’un blanc verdâtre, glabres, oblongs-ovales, plus ou moins concaves, plus ou moins obtus au sommet, de 6 mm. environ de long et de 2 mm. environ de large. Tube staminal subovoïde, cylindrique, obtusément lobulé au sommet, glabre à l'extérieur et à l’intérieur. Anthères oblongues-rectangulaires, tronquées à la base et au sommet, portées sur un court filet inséré sur le bord du tube, au milieu d’un des lobules, s’ouvrant par une fente latérale. Ovaire elliptique, à 10 côtes peu saïllantes, à 5 loges contenant chacune environ 8 ovules, portant au sommet un style court, couronné par un stigmate capité. Ovaire et tube staminal réunis dans la moitié inférieure par dix cloisons longitudinales, formant autour de l'ovaire 10 cavités étroites.

Région des Stanley-Falls, décembre 1896 (Alfr. Dewèvre).

OBs. — L'Entandrophragma Candolleana constituait, croyions-nous, la seconde espèce d’un genre créé en 1894 par M. C. de Candolle, le savant monographe de la famille des Méliacées, pour une plante récoltée dans l’Angola, et qui avait été rapportée par Welwitsch au genre Swielenia

sous le nom de S. angolensis. Le S. angnlensis, comme d’ailleurs l’espèce que nous figurons ici, possédant à la base du tube staminal, 10 cloisons réunissant le tube à l'ovaire, M. de Candolle le sépara avec raison du genre Swielenia et en constitua le type du genre Zntandrophragma (1). La plante récoltée par Dewèvre est, comme nous le rapportons dans la description, un grand arbre, pouvant atteindre 30 mètres de haut. Il semblerait, d’après les notes manuscrites délaissées par notre regretté confrère, porter le nom de Cail-Cedra qui a, comme on le sait, été appliqué à une autre espèce de la même famille, le Xhaya senegalensis, celui-ci n’a pas encore été observé dans les limites de l'État Indépendant du Congo, mais aurait été trouvé tout près de ses frontières, dans l'Angola et le Nyassaland. On peut se demander si le nom de Cail-Cedra n’a pas été appliqué à plusieurs arbres de port semblable, mais appartenant à des espèces botaniques différentes. Il est assez probable que le bois de l'Zntandrophragma Candolleana a une certaine, importance au point de vue économique, il pourrait peut-être comme le Xhaya donner un acajou.

L'Entandrophragma Candolleana se différencie facilement de l'Z. angolense C.DC. par la forme des folioles, chez cette dernière espèce elles sont obovales, obtuses au sommet, mais la nervure médiane forme à son extrémité un acumen caractéristique, tandis que chez notre plante les folioles sont oblongues, moins rétrécies vers la base, franchement -cunéiformes au sommet, mais à extrémité subobtuse. Les autres caractères sont très semblables dans les deux éspèces, comme l’on s'en apercevra aisément en comparant la planche que nous consacrons à cette plante et celle dont M. de Candolle à accompagné sa notice dans le Bulletin de l’Herbier Boissier.

L’'F. Candolleana a plus d'affinité avec l'ÆZ. Candollei Gilg, décrit en 1895, et que nous avions perdu de vue (2), mais autant que l'on peut en juger par la description, notre plante diffère de celle de M. Gilg. Reste la similitude de nom, si l'on ne pouvait accepter les vocables spécifiques Candollei et Candolleana, nous proposerions pour notre plante le nom de Z. Casimiriana.

Page 1