‹ Illustrations de la Flore du CongoChapitre 115 sur 174 · PLANCHE. LXV · texte numérisé non relu

PLANCHE. LXV

CNESTIS EMARGINATA De Wild. et Th. Dur.

in Th. Dur. et De Wild. Mat. fl. Congo IV (1899) p. 4 (Bull. Soc. roy. de Bot. de Belg. XXXVIII, 2 [1899] p. 81).

Arbrisseau grimpant à rameaux ferrugineux-tomenteux, à tomentum formé de poils allongés, unicellulaires. Feuilles imparinennées, à 8-10 paires de: folioles, à rachis cylindrique, ferrugineux, velu, légèrement renflé à la base, de 17. à 26 cm. de long; folioles membraneuses, subsessiles, à poils bruns épars sur la face supérieure, à face inférieure fortement velue, surtout sur les nervures, subcordées à la base, acuminées au sommet, de 3,5 à 7,9 em. de long et de 16 à 26 mm. de large. Fleurs blanches, disposées en racèmes courts, fasciculés à l’aiselle des feuilles tombées de l’année précédente ; racômes de 3 cm. environ de long, velus, à poils jaunâtres ; fleurs pédicellées, à pédicelle de 2,5 mm. environ de long, bractéolé, une bractéole à la base et généralement deux bractéoles espacées le long dn pédicelle, bractéoles de 2 mm. environ de long, linéaires, velues-ciliées. Sépales lancéolés, subaigus, plus courts que les pétales, jaunâtres extérieurement à l’état sec, velus et ciliés sur les bords, d’un brun rougeñtre et glabres à l’intérieur, de 2 mm. environ de long. Pétales plus longs que le calice, linéaires-elliptiques, blancs, devenant d'un rouge brunâtre par la dessiccation, glabres, à sommet émarginé, de 2,5. mm. environ de long. Étamines au nombre de 10, sur deux rangs, 5 petites et 5 grandes, ces dernières alternatipétales, les plus courtes oppositipétales. Ovaires au nombre de 5, libres entre eux, elliptiques, velus surtout sur la face dorsale, à une loge uniovulée, à style allongé, dépassant les étamines et surmonté d'un stigmate étroit, légèrement en plateau.

Environs du Stanley-Pool, sur la rive française du Congo, février 1896 (Alfr. Dewèvre).

Ogs. — Le Cnestis emarginala se rapproche du C: setosa Gilg décrit par le monographe allemand, sur des matériaux très incomplets rapportés par le professeur Em. Laurent de son voyage

dans le Bas-Congo (1). Comme le C. selosa, la plante récoltée par Dewèvre a les fleurs situées à l’aisselle de feuilles tombées, mais la forme, le nombre et la grandeur des folioles, la villosité très forte des

rachis et des jeunes pousses sont des caractères qui permettent de différencier déjà nettement ces deux espèces.

Il reste à rechercher, disions-nous (Mat. fl. Congo loc. cit. p. 5), si le vrai C. sétosa, qui semble assez répandu dans le Bas-Congo, a comme le C. emarginata, des pétales blancs, émarginés

au sommet et si ce dernier possède des capsules munies d’un bec réfléchi et hérissées de poils longs et aigus.

Le premier de ces points est élucidé, nous avons reçu du Congo des échantillons du Unestis selosa en fleurs, et nous avons pu observer la forme des pétales, chez cette espèce comme dans la plupart de celles du genre, les pétales sont entiers au sommet. Quant à la forme du fruit de notre C. emarginatla elle reste inconnue, aucun des Cnestis que nous avons reçu en fruits du Congo, ne pouvant se rapporter à cette espèce. Le caractère du pétale, duquel nous avons tiré le nom spécifique, ajouté aux notes distinctives que nous avons rappelées plus haut, permet de distinguer facilement le C. emarginala.

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