‹ Illustrations de la Flore du CongoChapitre 125 sur 174 · PLANCHE LXX · texte numérisé non relu

PLANCHE LXX

TRECULIA DEWEVREI De Wild. et Th. Dur.

Contrib. fl. Congo I (1899) p. 54 (Ann. Mus. Congo Bot. sér. 2, I [1899] p. 54).

Grand arbre, à branches glabres. Feuilles courtement pétiolées, mais à pétiole assez épais, canaliculé supérieurement, de 1 cm. environ de long et de 3 mm. d'épaisseur; limbe oblong-ovale ou oblong-lancéolé, très entier, obtusément cunéiforme ou subarrondi à la base, obtuse ou plus ou moins acuminé au sommet, épais, coriace, luisant sur la face supérieure, à bord souvent légèrement recourbé, de 18-27 cm. de long et de 7-10 em. de large; nervure médiane très accusée, en creux sur la face supérieure, en relief à la face inférieure, nervures secondaires proéminentes à Ja face inférieure, peu ou point proéminentes sur la face supérieure, s’anastomosant en arc vers le bord de la feuille, nervules réticulées. Fleurs réunies en chatons globuleux, en général monoïques, les chatons femelles renfermant parfois quelques fleurs mâles isolées, supportés par un court pédoncule, épaissi, portant au sommet des bractées orbiculaires, coriaces. Chatons mâles de 28 mm. environ de diamètre, en y comprenant la longueur des anthères; chatons femelles également globuleux, plus petits, de 23 mm. environ de diamètre. Périanthe de la fleur mâle campanulé, bilobé, de 7 mm. environ de long, à lobes triangulaires subaigus, ciliés-denticulés sur les bords; étamines au nombre de deux, à filaments épais, soudés au tube du périanthe, et en dépassant les lobes, anthères attachées par le milieu du dos, à deux loges, de 2,5 mm. de long, à connectif apiculé, à apicule court, subglobuleux, muni de squames piliformes. Ovaire oblong à ovule unique, se terminant en un style allongé, à deux stigmates épais, persistants, exserts. Fleurs mâles et fleurs femelles entourées de nombreuses bractées peltées, soudées sur les deux tiers de leur longueur environ, à plateau irrégulièrement circulaire, de grandeur très diverse, cilié-denticulé sur les bords.

Hab. — Dans une île près de Umangi, 1896 (Alfr. Dewèvre). OBs. — Nous avions été amenés à croire (Contributions à la flore du Congo loc. cit. p. 55),

que le 7. Dewevrei était identique au T7. africana Decne, tel que le comprend M. Engler (cf. Monog. Afrik. Pflanzen I, pl. XII, XIII et XIV B); mais une étude plus approfondie et

l'examen de matériaux reçus récemment du Congo, provenant des récoltes de M. J. Gillet, à Kisantu, nous ont fait voir que notre plante ne peut être confondue avec celle qui a été figurée par le Prof. Engler. Un coup d'œil comparatif jeté sur les deux séries de dessins fera nettement saisir les différences. Les échantillons de M. Gillet sont en tout comparables à ceux qui ont servi de modèle pour les dessins de la monographie des 7reculia de l'Afrique et semblables à ceux récoltés par Welwitsch dans l’Angola, dont M. C. de Candolle à bien voulu nous communiquer des fragments de fleurs et un calque des feuilles. Il reste cependant un doute au sujet de la plante signalée par M. Engler, est-ce bien le 7. africana Decne? Il est permis d'en douter. En effet, Decaisne dans le travail original publié dans les Annales des Sciences naturelles (Bot. sér. 3, VIII [1847] p. 108 pl. 3 fig. 86-99), signale trois étamines et trois lobes au périanthe; il en est de même dans la planche donnée par Sir Hooker dans le Bot. Mag. (t. 5986). Le nombre d’étamines et celui des lobes au périanthe semblent constituer des caractères spécifiques de certaine valeur, aussi croyons-nous que la plante figurée par M. Engler, celle récoltée par Welwitsch et celle envoyée récemment par Gillet à Kisantu, appartiennent à une même espèce différant à première vue de notre 7. Dewevrei par des caractères tels que la grandeur des inflorescences, la forme des feuilles et à une espèce différant nettement du 7. africana Decne type par le nombre d’étamines. Nous proposerions de conserver au Treculia à 3 étamines le nom de T. africana qui lui a été donné par Decaisne; dès lors, la plante figurée par M. Engler, celles récoltées par Welwitsch et Gillet constitueraient une espèce que nous dédierions avec plaisir à M. le Prof. Engler sous le nom de 7. Engleriana De Wild. et Th. Dur. Nous ne pouvons rapporter avec certitude au 7. africana Decne la plante figurée sous ce nom dans le Bot. Mag. (t. 5986), car elle semble différer par certains détails du type. Nous aurons peut-être l’occasion de revenir plus tard sur les diverses espèces de ce genre.

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