‹ Illustrations de la Flore du CongoChapitre 157 sur 174 · PLANCHE LXXXVI · texte numérisé non relu

PLANCHE LXXXVI

LORANTHUS LUJAEI De Wild. et Th. Dur.

Contrib. FI. Congo, 2 (1900) p. 55 (Ann. Musée du Congo, Bot. sér. Il, 2 [1900] p. 55).

Plante parasite, à rameaux fasciculés, à écorce grise, glabre, se crevassant et devenant brune avec l’âge, non lenticellée. Feuilles vertes, devenant noirâtres par la dessiccation, coriaces, épaisses, opposées, glabres sur les 2 faces, aiguës au sommet, arrondies à la base, de 10-14 cm. de long et de 6-8 cm. de large, contractées en un pétiole court, ailé, de 5 mm. environ de long, à ailes plus ou moins sacciformes, de 3 mm. environ de large, à 5-7 nervures partant de la base, ascendantes, plus ou moins fortement proéminentes sur les 2 faces, à nervation secondaire peu marquée. Inflorescences en ombelles axillaires, opposées, multiflores, sessiles. Fleurs subsessiles, blanchâtres puis rosées, SUpportées par une cupule courte, oblique, glabre, plus ou moins carénée sur le dos, légèrement ciliée sur le bord, de 2 mm. environ de long. Calice turbiné, tronqué, de 3,5 mm. de long et de 2 mm. de large. Périgone à tube allongé, longuement infondibuliforme, légèrement renflé unilatéralement vers la base et se fendant plus ou moins profondément d'un seul côté vers le sommet, de 4 em. environ de long, de 3 mm environ de large vers la base, de 2 mm. de large en dessous du milieu et de 4 mm. de large environ vers le sommet, à 5 lobes linéaires, élargis à la base, de 5 mm. de long et de 0,6 mm. de large. Filaments staminaux dressés, linéaires, se réfléchissant après l’anthèse, de 2 mm. environ de long. Anthères linéaires, de 1,5 mm. de long, dépassées légèrement par le connectif. Style grêle, filiforme, anguleux, de 4,5 em. environ de long, se terminant en un stigmate subglobuleux. Fruit de 5 mm. environ de long et de 4 mm. environ de large, à paroi externe rugueuse, couronné par le calice persistant.

Bena-Dibele (Kasai), 26 avril 1899 (Éd. Luja).

OBs. — La jolie espèce que nous venons de figurer, et qui a été dédiée à M. Éd. Luja, forme, d'après les renseignements que ce collecteur à bien voulu nous fournir, de grosses touffes sur les branches de plusieurs arbres des bords du Kasai. Sa végétation est si luxuriante, qu'elle amène souvent la mort de la branche sur laquelle elle s'est fixée et peut même amener celle de tout l'arbre. D'après les notes de M. Luja, ses fleurs sont d'abord blanches, à nervures vertes, et deviennent par la suite roses, à nervures verdàtres.

D'après les caractères que nous avons exposés plus haut et qui se trouvent figurés dans la planche ci-contre, on voit que cette plante appartient à la section Dendrophtoë Mart. (Cf. Engl. in Bot. Jahrb. XX [1894] p. 81) et à la sous-sect. /nfundibuliformes Engl. (1. c. p. 82) formant pour ainsi dire une transition entre les sous-sections Znfundibuliformes et Inflati Engl.; le renflement basilaire est peu accusé et rappelle ce que M. le prof. Engler a figuré (loc. cit. tab. I c, a) chez le L. djurensis Engl. Il n’est pas facile de différencier ces deux sections, mais, que l’on rapporte le Z. Lujaei à l'une ou à l’autre, il ne constitue pas moins une espèce intéressante, caractérisée, en tout premier lieu, par la forme de ses feuilles et par les annexes de leurs pétioles. Celles-ci sont probablement en rapport avec la myrmécophilie et M. Luja a vu de très nombreuses fourmis parcourir les rameaux.

Le Lorantlrus Lujaei doit se classer dans le voisinage des Z. »acrosolen Steud., djurensis Engl., wussuiensis Oliv. (1), si l'on considère cette plante comme appartenant à la section Znfundibuliformes, et près du Z. leplolobus Benth. (2), si on la fait passer dans la sous-section Zn/lati.

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