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PLANCHE LXXXIX

LORANTHUS NIGRESCENS De Wild. et Th. Dur. nov. Sp.

Plante parasite, ramifiée, à écorce d'un gris verdâtre à létat jeune, glabre, devenant brune et présentant de nombreuses lenticelles. Rameau à entre-nœuds de 2,9-7 em. de long. Feuilles vertes, devenant légèrement brunâtres par la dessiccation, papyracées, verticillées par 3, glabres sur les deux faces, ovales, aiguës au sommet, arrondies à la base, de 4 à 9 cm. de long et de 2,2 à 6,5 cm. de large, à pétiole assez épais, canaliculé, de 7 mm. environ de long, à nervures latérales au nombre de 4 à 5 de chaque côté de la nervure médiane, les inférieures ascendantes, se perdant souvent assez haut dans‘le limbe, peu proéminentes sur les deux faces; nervation secondaire peu marquée. Inflorescences en ombelles axillaires; opposées, multiflores, sessiles, disposées fréquemment sur les rameaux dépourvus de feuilles. Fleurs courtement pédicellées, à pédicelle grêle, de 1 mm. environ de large. Cupule oblique, bidentée au sommet, ciliée sur les bords. Périgone à tube allongé de 34£ mm. environ de long, glabre extérieurement, renflé à la base en une ampoule atteignant 2,8 mm. de large et 3 mm. de haut, brusquement rétréci au-dessus de cette ampoule, où le tube ne mesure plus que 1 mm. de largeur, élargi de nouveau brusquement et formant alors un tube subcylindrique de 2,5 mm. de large, fendu unilatéralement jusque vers la moitié, glabre intérieurement, sauf au niveau du rétrécissement où se trouvent des poils glandudeux, fermant la chambre inférieure du tube; lobes ovales-aigus, de 2 mm. de large et de 3 mm. environ de long, devenant noirâtres après l’anthèse, le reste du tube restant blanchâtre à l'état frais et devenant légèrement brunâtre à l'état sec. Filaments staminaux, libres à partir du milieu du tube, à anthères largement cunéiformes, de 1,5 mm. de long, à connectif bilobé, dépassant les loges des anthères. Ovaire uniloculaire surmonté d’un disque épais, à concavité centrale dans laquelle est inséré le style de 38 mm. environ de long, épais, polygonal, assez brusquement rétréci vers le sommet et terminé par un stigmate élargi, convexe, de 1,5 mm. de diamètre.

Kisantu, septembre 1900 (J. Gillet, n. 1310).

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OBs. — Le ZLoranthus nigrescens que nous venons de décrire, se rapproche fortement du Loranthus Laurenti cité par M. le prof. Engler in Natürt. Pflansenfam. Nachtr. p. 132 et décrit dans les Mal. fl. Congo fase. VIT p. 2 (Bull. Soc. roy. de Bot. de Belg. XXXIX, 2 [1900] p. 25).

Il nous à semblé qu'il y avait cependant entre la plante récoltée à Bumba en 1896 par M. le prof. Ém. Laurent et celle trouvée par J. Gillet, certaines différences, sur lesquelles nous allons attirer l'attention. 11 n'existe pas, dans la plante étiquetée Loranthus Laurentii par M. le prof. Engler, une contraction aussi forte du tube, au-dessus du renflement basilaire, celui-ci est par suite moins marqué et généralement plus allongé. Dans la plante de Bumba, le tube et les lobes ovales qui le terminent se colorent : en brun à l'état sec, tandis que dans le Z. nigrescens, la couleur du tube reste beaucoup plus pâle après dessiccation, que celle des lobes. Il semble qu'il y ait, en outre, dans la consistance des feuilles, un caractère différentiel; celles du Z. Lauwrentlii sont beaucoup plus coriaces, opaques, tandis que celles du Z. nigrescens sont plus papyracées et laissent passer une certaine quantité de lumière. Si l’on tenait compte uniquement des données de la description que M. le prof. Engler à bien voulu nous fournir, on pourrait croire qu'il y a dans les feuilles un caractère différentiel, mais par suite d'erreur d'impression, l’on a donné aux fouilles une mensuration de 4,5 à 5 cm: de long et 2-3 cm. de large, alors que les véritables mensurations sont, pour les feuilles du. Z. ZLauwrentit authentiqué dans l'Herbier du Jardin Botanique de l'État à Bruxelles, de 4,5 à 8,5 em. de long et 2-5,1 em. de large. Il n’y a done guère, entre les deux espèces que nous venons d'étudier, de différence quant à la grandeur des organes foliaires.

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