PLANCHE XXXII
PSEUDERANTHEMUM LUDOVICIANUM (Buettn.) Lindau
in Ængl. et Prantl Die Natürlichen Pflanzenfamilien IV, 3b (1895; p. 330; Th. Dur. et Schinz Études sur la flore de l’État Indépendant du Congo, 1° partie p. 220 (Mém. Acad. roy. de Belg. LIIT 1896] p. 220:
ERANTHEMUM LUDOVICIANUM. Bueltner in Verhandl. Bot. Ver. Prov. Brandenburg XXXII (1890) p.37:
Sous-arbrisseau de 1 m. environ de haut, à tiges quadrangulaires, glabres, renflées aux articulations. Feuilles pétiolées, ovales-elliptiques, cunéiformes à la base, cuspidées au sommet, membraneuses, ponctuées par transparence, glabres, luisantes, lécèrement scabres à l’état sec, de 8 à 30 em. de long et de 4 à II em. de large, à nervures médiane et latérales assez proéminentes et s'anastomosant vers le bord. Épi terminal, simple, atteignant 20 cm. de long, pédonculé, légèrement pubescent, formé de cymes pluriflores, espacées à la base, plus rapprochées au sommet, naissant à l’aisselle de bractées opposées. Bractées de 5 mm. et braciéoles de 2,5 mm. environ de long, ovales, subulées. Calice à cinq divisions profondes, lancéolées, subulées, de 2 mm. environ de long. Corolle hypocratériforme, blanche ponctuée de violet, à lèvre inférieure légèrement jaunâtre, à tube allongé, étroit, de 3 mm. environ de long et de 1 mm. environ de large, à limbe quinquélobé, les trois lobes inférieurs ovales-arrondis au sommet, les deux supérieurs plus étroits et plus courts. Deux étamines fertiles, insérées à la gorge de la corolle, exsertes, à filets de 5 à 6 mm. de long, anthères à deux loges. Ovaire biloculaire, bilobé, lagéniforme, entouré à la base d’un disque épais et surmonté d'un style très long dépassant légèrement la corse de la corolle. Capsule de 26 mm. environ de long, en massue, à extrémité aiguë, à 4 graines comprimées, d'environ 3 mm. de large.
Cette espèce découverte le 3 juillet 1885, par R. Buettner, dans les buissons des bords de la Ganga près de Muene Putu Kassongo, a été retrouvée depuis à Riba-Riba, janv. 1896 (Ém. Laurent) et à Bolombo près de Gali, 21 sept. 1896 (Fr. Thonner).
OBS. — En 1883, M. L. Radikofer ayant reconnu que le genre ÆZyanthemum T. Anders. est différent du genre ÆZranthemum Linn. lui a donné le nom de Pseuderanthemum (1) et sa manière de voir à été partagée par tous les botanistes.
En 1896, dans les Études sur la flore du Congo, nous avons fait entrer dans le genre
(1) Sitzb. Kôün. Bayer. Akad. (1883) p. 232. :
Pseuderanthemum, VÆranthemum Ludovicianum Buctin., nous ne savions pas alors que M. Lindau venait d'effectuer ce transfert (1).
Notre planche a été exécutée d'après les échantillons récoltés par M. Fr. Thonner. Les feuilles sont peut-être un peu plus longuement pétiolées et moins brusquement cuspidées au sommet que ne l'indique le créateur de l'espèce dans sa description, mais ces légères différences nous ont paru insuflisantes pour séparer notre plante du type. \
Dans l'Afrique tropicale occidentale, les Pseuderanthemum ne sont représentés que par trois espèces, les P. hypocrateriforme (Vahl) Radik., nigrilianum (T. Anders.) Radik.. et Ludovicianum (Buetin.) Lindau. Les feuillés des deux premiers sont beaucoup plus petites et plus coriaces; en outre la grappe du P. hypocrateriforme est plus courtement pédoneulée, le calice presque glabre, les lobes de la corolle plus réguliers et plus pointus. Quant au P. nigrilianum, il se différencie non-seulement par le port général et par la forme des feuilles, mais par la panicule pauciflore et ramifice, les fleurs plus petites et les anthères incluses; c'est une espèce à aire fort vaste puisqu'elle à été trouvée à Fernando-Po, au Gabon, dans le Bas-Congo, le Loango et l’Angola.
Le P. Ludovicianum a été dédié par M. R. Buetiner à S. M. Louis I, roi de Portugal.