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PLANCHE LIV

ARISTOLOCHIA DEWEVREI De Wild. et Th. Dur.

in Th. Dur. et De Wild. Matériaux pour la flore du Congo, Fasc. III (1899) p. 38 (Bull. Soc. roy. de bot. de Belg. XXXIII, 2 [1899] p. 46).

Plante volubile. Feuilles distantes de 8 à 9 cm., pétiolées, à pétiole plus court que la lame foliaire, de 2 à 4 cm. de long ; lame herbacée, verte, glabre supérieurement et inférieurement, cordée à la base et aiguë au sommet, de 9 à 11 cm. de longueur et de 4 à 8 cm. de largeur à la base, lobes inférieurs larges, se superposant parfois, séparés par un sinus largement arrondi, lobe antérieur plus ou moins aigu, apiculé; une seule nervure latérale basïlaire de chaque côté de la nervure médiane, formant avec cette dernière un angle aigu à la base, nervures médiane et latérales de même épaisseur vers la base, proéminentes sur la face inférieure, nervure latérale émettant vers le bord de la feuille quatre ou cinq nerviles secondaires, plus iénues, réunies entre elles et avec les nervures principales par des nerviles assez fortes, densément réticulées, proéminentes sur la face inférieure. Inflorescences dépassant la moitié de la longueur de la feuille, solitaires ou réunies par deux, formées de deux à trois fleurs, distantes de 1,5 à 2 cm.; bractées florifères cordées à la base, de forme semblable à celle des feuilles, mais plus petites, les inférieures de 2 cm. environ de longueur et de 1,5 cm. de largeur; ovaire allongé-claviforme, d'environ 1 cm. de long et 1,5 mm. de diamètre. Tube du périanthe vert, globuleux inférieurement, de 4 mm. environ de diamètre, infundibuliforme et dressé supérieurement, de 1,5 em. de long et de 1,5 mm. de large, limbe du périanthe unilatéral, oblong, de 2 cm. environ de long et de 8 mm. de large, d'un brun noirâtre à cinq nervures longitudinales. Gynmostème court, entouré de six anthères, thèques ovales à prolongements du connectif légèrement ondulés, cohérents latéralement. Stigmates au nombre de six dépassant le prolongement du connectif des étamines de près de 2 mm. Ovaire à six loges, ovules nombreux disposés dans chaque loge sur deux rangs.

Zambi, 27 juillet 1895 (Alfr. Dewèvre).

OBS. — Cette plante dont nous avons publié la description dans les « Matériaux pour la flore du Congo», (vid. supra) se rapproche des A. densivenia Engl. et Petersiana Klotzsch. (1), et présente certains caractères communs avec l'A. bracteata Retz., mais les feuilles plus petites, les fleurs moins nombreuses, les ovaires plus gros et moins longs de cette dernière espèce permettent de la distinguer facilement de notre plante. Les À. densivenia et Petersiana se séparent de l'A. Dewevrei par la forme de leurs feuilles dont les lobes basilaires sont beaucoup moins développés et ne se recouvrent jamais, par les hampes florales à bractées plus réduites, les fleurs plus nombreuses, à pédicelles plus allongés. Chez l'A. densivenia il n'y a-qu'une Cyme florale, chez l'A. Dewevrei, il peut y en'‘avoir deux comme chez l'A. Petersiana, mais chacune des cymes porte au maximum trois fleurs; la seconde cyme ne naït pas en réalité à l’aisselle de la première feuille axillaire, mais bien à l’aisselle d’une feuille qui se développe entre le premier pédoncule floral et la tige, de sorte que la seconde cyme est munie, comme la première, d’une feuille basilaire; ce caractère ne semble pas exister chez l'A. Petersiana tel que nous le trouvons figuré dans le Bot. Jahrb. du D’ Engler. Un autre caractère différencie encore l'A. Dewevrei de l'A. densivenia, c'est la forme du connectif peu proéminent et légèrement ondulé au-dessus des loges polliniques; dans l'A. densivenia ce connectif est un peu plus développé et cache plus fortement les six stigmates qui sont à peine proéminents au-dessus de la collerette des étamines, tandis que les stigmates forment chez l'A. Dewevrei un dôme qui dépasse de 2 millimètres environ les anthères. Ce caractère, par suite d’une interversion, a été tout à fait mal donné dans la description princeps et dans les observations qui l’accompagnent (Matériaux loc. cit. p. 39), ce qui a rendu la compréhension du texte impossible, On peut encore citer comme caractères distinctifs de l'A. Dewevrei, la rectitude du tube du périanthe qui n’est pas coudé à la base et la faible longueur du style qui surmonte l'ovaire et porte le périanthe.

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