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LUMIERE DES CANONS

I. Sitencieui, Im fenx masquât, venint do large eo triple ligne de file, les Grands Cuirassés font tout front, sant hiie, et prennent lesr ordre de combat.

L'Amiral a tout prévu; et toni t'accomplit selon on destein concerté : les Coiraués te déploient en grand arc, horizon mortel de la ville immense. L'Amiral est au centre, un feu en arrière de la ligne, comme la pensée du disque ; et les deux aile» «n le naillc s strrrnt les flinc» de l'heureuse Cité.

O Ville, pleine de joic ci de yoiujUc, tu ne >ji> pwitii ic ijui t'attend pour la fin de celte tiède nuit sans lune : FAmiral a tout réglé poar toi, et tes heures sont comptées.

II. Cinq cent mille chevaux galopent dans les machines ; et leurs cochers, qui les éperonnent, en èiouffent les hennisaemens de fer.

Le* pilotes étrangers eussent en «tin refnsé Ictus terticcs : L'Amiral a choisi, dès longtemps, celte spleodide victime ; et le aoseat de la découdre est arrivé.

Les formidables Léviathans, an corps d'acier, au mille bowkes de flamme, sont rangés et n'atlendcol plut qoe le pnssagc de l'aigtùne ao centre du cadran, pour lancer leurs paroles foodrojutes. LImwc sera le seul signal. « Action ! > rugit jojeasement la Force, « actioa I •

III. O Ville, prodige de joie et d'insouciance dus b iicde nnit d'été,

Viltr \i [it i.iv.nv M.ii^ mi*mr v3urai< lu ha il i*tt trop

urd

L* foKc cuiiaksct: «ë tonnvi le milieu tic I4 auii, ^ 1 huilofjc de la trahiton, tur un timbre de bronze. Ei rincpoJio. le sang, le détasire hurlant tcroni l'écho de cette voix.

IV. Cette folle «ille, pleine de rires et de danseï, elle va connaître le repo$.

La Tille, oit la dispute est perpétuelle, va rentrer dans le lit de la concorde.

Ils savent quel il est, ce lii de l.i paix couchée, ceux qui y sont étendos cAte i cAte, dans les draps tirés de la terre, depuis tant de siècles, ceux qui dorment aux portes de la Cité.

V. L'Horizon de la Mort est fermé. . . O marche sûre des montres, pouls du temps impassible. . . L'Heure noire va tomber du Zénith, dans celte tiède nuit sans lune. Les servans sont k leurs pièces. El les grands Canons, encore froids, jouissent déjà de la pliure qu'on leur monte, les boulets et les obus. Et les bombes. Ils ont faim, les Canons.

Les Grands Canons sont affamés : les Grands Sphinx de la Guerre, accroupis et brillans sur leurs flancs d'acier, tendent ces gupuirs profondes qui mangent les villes, et ne sont pas repues d'un moindre mets.

Sur les boulevards de fer, au creux des masques et des tourelles, sur les plaques qui tournent, les Grands Sphinx, obéissant 1 l'étincelle électrique, frissonnent dans ratlenie. El les Hommes frémissent de la même implacabiliié.

VI. La mer amoureuse caresse les Léviaihans blind<'< FH*- murmure et soupire sur leurs flancs. . .

Les étoiles lointaines révent tristement. . . Elles semblent, suspendues, s'être arrêtées sur les cimetières, aux portes de la ville. . .

Et comme l'heure va sonner, l'ime des Canons exhale, par les Gueules encore vides, un Chant k la Gloire Funèbre :

vil. Sphinx (Je la moit, Kr^ret d'anci iii,<,mi, cl vo« Soean criardes, Mitrailleuses i^giret, aux cent bouches rapides, —

Sommes nous loas réunis poor le souper de «te, A u(* noble famille de la Force sans piiié f

Nous avons faim ; et dos ventres ont trop jeAn^. La table d'aïc ville immense pour nous est préparée ; et cinq cent mille vies nous sont offertes.

Noos sommes les Purs entre tons les pors ; nous sommet né* du feu blanc, et nous périrons dans les éclats de la fournaise.

Nous portons l'habit, resplendissant de blancheur, que revêtent les Vierges pour leurs noces : et nous sommes 6ancés i la Mort, ea effet.

La plus noire des poudres ne nous laisse pas de souillures. Nous avons la candeur de ce qui doit toujours détruire; et notre amour qui brûle, n'a jamais confu.

Et nous allons vous faire, A danseurs de corde, obéir ea aoas i la très aaguste Puissance du Calcul.

Vin. Ah, misérable Ville, tu t'es crae unvée de la mofi, parce qae ta n'j pensais plus, et que tu ne la voyais pas f Combien la vas crier de douleur sous tes soudaines ruines ? — >

Tu n'oses plus tenir les jeai oaverts. et lu les baisses fermés sur ta tombe? Tu ne vois point ? — Mais je te vo:'

Voilik l'auguste nécessité qui s'approche ; et béante, sa mlcboire de feu attend de se Kcller sur toi.

Tristes riean, vous n'avez pas prévu l'appétit du destin, et la bouche sérieuse qui ne rit pas.

Il fallait des mondes détraits pour vous détraire, paavret aiais? Il vous fallait de* océans d'atomes confus, des univen ea débns, et des comités échevelées ?. . .

Vous aviez compté sans l'Homme. Le Porteur de fea aoas l'a livré. L'Homme suffit.

Amans qui soupirez, abeilles du dcsir collées au calice, la Mon va glisser u langue de terre sur vos soupiis de plaisir.

Trempées dans un saag, qai n'appelle plas la vie, votu al«s mter sar le dos, A femmes, chers antres de volupté.

Et les petits eafans seront coapés ea morceauz,parie» iaaii de

4 fondre, ianocens déj) punit pour le crime ébauché d'ivoir, un jour, ili Jet hommet.

Notre Amiral vm un h.iidi piioïc, qui ne criinl pis lu nuii . . ,

Il t'a promise i nos dens, très belle Babjrlone, pleine de luie, !•- multitude, de richesse et de joie. El tu es notre proie.

Nous sommes la Pensée glacée de l'homme, —

Et son dernier mot, qui est : « Abtmc >.

IX. Ainsi chante b voix sans piiic des Canons. Et l'Heure marquée tombe, comme la sonde du néant, —

Et dans les ténèbres, soudain la Lumière des Canons se lève, — Et dans la Nuit, la Lumière des Canons foudroie.

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