II. Pleure, à mon Ame, si tu veux; mais retiens tes cru
Je sens l'odeur de l'abîme, le souffle d'un océan tans borne k
une profondeur infinie. .
Je reste sans voix ; et sans autre vie que l'angoisse de la douleur.. L'épouvante glacée ferme mes lèvres, comme l'hiver empécb«
la source de couler. .
Couche toi, A mon ime, dans U terreur de tes pensées. .
Je rêve; et je retient même le murmure du ruisseau que font
les larmes.
Je suis comme un cadavre immobile et muet, accable par les
siècles des siècles..
Mais ce poids d'univers qui m'écrase, laisse battre le canir de
la vie dans ma dépouille roide. .
Comme les mondes dans le sombre éther, les pcasées toaraeat
en orbes dans ma tête. .
Et je ne tuii plut qa'ua regard douloureux •tuch< >u regard des ténibres.
Je wai une présence inviiible, et ton haleine mm corps. L'obuure clarté de cette nuit, elle vient de tes yeux pesant,
d invisible. . * Et ce frisson d'océan, i des profondeurs infinies, c'est ton
souffle nocturne. .
Comment te nommerai je.ô toi i|iii xi-vnf% .inuvrrainrmrnt ici :
Sphère ou précipice ?
Hélas, cet éclair pareil à la lueur tupicnic du ctcpu^culc, c'est
le geste silencieux de ton hr.is, armé de la hache, qui glisse.
III. Je te connais; et la présence autour de moi enveloppe mon tme, comme le doux air de Piques baigne b vie, quand ceux qui s'aiment vont à pas lens, dans la prairie pascale.
Tous ceux que j'aime, â Sacrificateur masqué, tu les as pris. Sous le fil tranchant de ton arme, tu as fauché leur cœur qui palpitait ven moi ; et tn as moissonné comme une ivraie leurs douces Imes, — le temple oii je suis né et où j'ai dormi, le sein tiède de ma mère, — et les bras pleins d'amour qu'ouvrait mon père et qu'il refermait sur moi, alors qu'il mettait ses lèvres sur mon front et me défendait de tes coups.
Car, comme tu les as frappés, b sanglant, tu me menaces par derrière; et, comme ta présence même, je seiu, dans l'ombre, ton bras et ton couteau levés.