II. La Norr. — Je »uii la nuit
VAiNQyiuas. — Nous ne te craignon» pat. Le» épées, hors du fourreau, foni la lumière.
La nuit. — Je ris.
Vainq^iuk». — Ris tu encore, face grise? Maudite, ne raille pu.
La nuit. — Je ris.
Vai.-iquiuks. — O honte, pourquoi nous jettes tu l'injure de ce rire ?
La nuit. — Je lis, puisque tu désespères.
m. Les VAiNqtitURS. — O nuit, écrase, anéantis nous; crache sur nous : mais ne ris plus, ô nuit. Recueille notre poussière : ne la disperse pas. Ne sois pas si cruelle, 6 nuit. Prends nous, si nous te sommes dus : ne nous avilis pas.
Car, dis nous, pourquoi rire ? Et que te fîmes nous pour cette risée pire que la haine, et qui ne souflre notre victoire, qu'afin de la rendre abjecte ? Que t'avons nous fait, dis ?
La NUIT. — Vout avez cm *uocre. Vont l'avez oté, criard». Je rit. Vous avez vaincu. El je rit.
IV. Les tainqsiiuu. — Triomphe, l'arc que ta oont ouvres est u tombeau.
La MoiiT. — Qui parle de triomphe? Ett-ce vous, h^ros, triomphateurs, puissances ?
Lis vAiNqçtuas. — Ah, c^ui que tu >uii, toii nouvelle et domioatrice, que tu es forte i ranimer nos coeurs. . C'est nous, c'est nous seab qui avons triompha, lu l'as dit, il n'jr a pas une heure; et malgré la déritios nous sommes les v&inqueurs.
La Moar. — Oui, vous l'ites; et pourris déjà de la plante des pieds ï la nuque, et de la nuque aux moilles, pourris dans les os, pourris dans les coeurs, pourris dans la téie. Et votre pourriture sent. . Tombez, charnier de géai)s ; tombez, gibier des ven, viande du néant. Tombez, 6 triomphans.
Lis VAiNqyiuas. — Hélas. . La mort, sur le seuil de la nnit.
L'iurASSitLE. — La lutte est fumée. La défaite est fumée. Et fumée le triomphe.
Vous, chiennes, à la chaîne. Tout est silence. Courez, tremblez, étoiles.
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