IV. — • Bois, dit il, 6 Solitaire
Toi austi, tu es grand. . . •
Et en lui même il pense : Il l'est peut être, quoique tous cet
ciclaTet l'ignorcni, adorant l'or que monnoient looi met pas. Peat être il l'est : mais combien je le suit plui, moi qui lui en décerne le litre, et qui iui$ tûr de toujours passer pour bien plus grand que lui?... Il fait li chouette et tient téle à tous, et au soleil même t A quoi bon ^
V. Le Solitaire ne repoussa même pas la coupe eniTraoïe, dont b forme ciselée ravit pourtant ses yeux, et dont la liqueur riante, q«i séduit tous les hommes, tenta aiusi sa soif amère.
Mais puisant I la mer l'eau salée, il en jeta u main pleine sur le brillant poète :
— • Passe ton chemin. Glorieux, La Vanité elle même a ses frontières,
Et le rojaume de la Solitude, qui n'est point une place commune, s'ouvre par un désert, on ne pénètre pas le vent. »
VI. L'autre sourit, fier de se montrer si magnanime à sa clientèle d'enthousiastes. Déji il s'en rimait une ode. Il possède toute la gloire, argent comptant ; il peut bien en faire largesse : et pourquoi se privera i il de lancer, en passant, l'aumAne, l'obole et le billon de l'or qu'on lui prodigue ?
— < Je te ulue, pourtant, dit il, — Rival aigri et orgueilleux, rêveur triste. *
VII. — ( Pour Glorieui que tu toit, je ne te laisse pas U gloire de ta rivalité. Tu as pris ce geste, sur le tbéitre, à tons les histrions, peuple de l'applaudissement, dont tu es l'idole. Ta peux cent fois l'emi fortune le veut. Mais te mesurer ft moi, tu ne le saurais point
moi seul, ou non, qui le permets : il faut que je m'y prête.
Que sais tu de ma taille ? En vain, debout et k la (été de ces petits, tu te hausses sur la pointe des pieds : Je reste assis devant toi, lur mon rocher. Et je suit le» mansions de la lune : peut être tu décrois.
On se fait vite, k valoir mieux qu'on ne vau: Lrtout
c'est de l'aveu de tous les auues... Médite, papillon, l'i > che-
nilles. . . »
VIII. — ■ Peut être, fait le triomphateur avec dépit, y a i il plut d« vanité k s'enorgueillir d'être seul, qu'au bonheur de te répandre. »
— < Que ditaU je? L« vaoiié tient aui chotes viiaet; et tu U met» en moi. Vain d'éire obscur, vain dVire illustre : ti lu l'avait pu faire, pourtant, quel eût éié ton choix ? En doutes tu ? Comme le chorion enveloppe le fœtus, la gloriole l'emmaillote.
Tu es de cette ville, où nous sommes ni* tous les deux ; mais je n'en étais dé]k pas, avant d'y itre : & toi d'y triompher ; à moi de tourner le dos à tes triomphes.
IX. • Liisse moi la grandeur . Je te laisse la gloire. C'est le moins que chacun de nous quitte i l'autre ce qu'il n'a pas.
Ta part n'aura i elle pas toujours iié la meilleure ?
Pareil aux autres, et cher & tous, plus vide que la carpe brëhaigne, tu auras pu vivre parmi ceux qui vivent. Ainsi, dans l'étang, lu as connu U joie,
La joie ! que nul ne goOte, À moins de n'en pas être digne.
Tu es ce qui passe, et qui reçut le privilège de passer.
Ta lite d'oiseau familier, à plume jaune, bat, en gazouillant de plaisir contre les barreaux dorés de la réputation et de la mode,
Tu es le merle d'or, l'oiseau siffleur dans la volière de* hommes,
^poîl'tn ^nr II' urrrhiùt M^it^ }t^\ iheux ^onl rjfli/^. rt nul ne
les voit . . .
Tu es gloiieux, et c'est k moi qu'est due la gloire. Tout est bien. Point de rivalité, •