‹ Imitation de Jésus-ChristChapitre 100 sur 312 · LIV. II, CHAP. XII · texte numérisé non relu

LIV. II, CHAP. XII

on meurt à soi-même , plus on commence à vivre pour Dieu.

Nul n est propre à comprendre les choses du ciel, s'il ne se soumet à supporter les adversités pour Jésus-Christ.

Rien n'est plus agréable à Dieu, rien ne vous est plus salutaire en ce monde, que de soufïrir avec joie pour Jésus-Christ; et si vous aviez à choisir, vous devriez plutôt souhaiter d'être affligé pour lui que d'être comblé de consolations, parceque vous seriez alors plus semblable à Jésus-Christ et plus conforme à tous les saints.

Car notre mérite et notre progrès dans la perfection ne consiste point dans la douceur et l'abondance des consolations , mais plutôt/ dans la force de supporter de grandes tribu-^ lations et de pesantes épreuves.

i5. S'il y avoit eu, pour l'homme, quelque chose de meilleur et de plus utile que de souf- Air, Jésu^-Christ nous l'auroit appris par ses paroles et par son exemple.

Or, manifestement il exhorte à porter la croix, et les disciples qui le sui voient, et tous ceux qui voudroient le suivre, disant: Si quel-

l58 LIMITATION DE JÉ6US-CHRICT.

qu*un veut marcher sur mes pas, qu*il renonce a soi-même, quil porte sa croix, et quil me suive \ Après donc avoir tout lu ettl;#ut examiné, concluons enfin qu'aï nous faut passer par beau^ coup de tribulations, pour entrer dans le royaume deDieu^.

RÉFLEXtON.

La doctrine de la croix , scandale pour les Juifs, et folie pour les Gentils^, est ce cpie les hommes compr^nnent le moins. Qu un Dieu soit mort pour les sauver, leur raison s'abaissera devant ce mystère; mais qu ils doivent s'associer à cet étonnant sacrifice, en mourant à eux-mêmes, à leurs passions, à leurs volontés , à leurs désirs , voilà ce qui les révolte, ^ et leur ^sdt dire conmie les Caphamaïtes : CeUe par ^rote est dure, et qui peut [entendre^? Il faut bien ^)ourtant que nous lentendions, car notre salut dépend de là. Le ciel étoit séparé de la terre : la croix les a réunis ; et c'est du pied de la croix que part tout ce qui va jusqu'au ciel. Presson»4ious donc contre la croix; qu'elle soit ici-bas notre consola tion , comme elle est notre force. Lorsque, dans sa

• Matt. xvt, 24. — * Act. XIV, af . — ' I. Cor. i, 13.— ^ Joânn. VII, 61.

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