LIV. III, CHAP. II. l
comme le prophète Samuel, avec un humble désir, disant: Parlez, Seigneur, parcetfue* votre serviteur écoute ' .
Que Moïse ne me parle point, ni aucun des prophètes; mais vous plutôt parlez, Seigneur mon Dieu, vous, la lumière de tous les prophètes, et Fesprit qui les inspiroit. Sans eux, vous pouvez seul pénétrer toute mon ame de votre vérité ; et sans vous ils ne pourroient rien .
2. Ils peuvent prononcer des paix>les, mais non les rendre efficaces.
Leur langage est sublime; mais si vous vous taisez il n'échaufle point le cœur.
Us exposent la lettre; mais vous en découvrez le sens.
Ils proposent les mystères *, mais vous rompez le sceau qui en déroboit Tintelligence.
Us publient vos commandements; mais vous aidez à les accomplir.
Us montrent la voie; mais vous donnez des forces pour marcher.
Us n'agissent qu au-dehors ; mais vous éclairez et instruisez les cœurs.
' I. Re^. III 9 9.
i66 l'imitatiojv de jêsu^^hrist.
Us arrosent extérieurement; mais vouë doDnez la fécondité.
Leurs paroles frappent loreille ; mais vous ouvrez Fintelligence.
3. Que Moïse donc ne me parle point; mais vous 9 Seigneur mon Dieu, étemelle vérité, parlez-moi, de peur que je ne meure, et. que je n écoute sans fruit, si, averti seid^nent au» dehors, je ne suis intérieurement embrasé; de peur que je ne trouve ma cpndamnaticm dans votre parole, entendue sans être acccmiplte, connue sans être aimée, crue sans être observée.
Parlezrtnoi donc. Seigneur, parceque votre serviteur écoute : vous avez les paroles de la vie éternelle \ ^
Parlez-moi pour consoler un peu won ame, pour m apprendre à réformer ma vie ; parlezmoi pour la louange, la gloire, Fhonn^ir éternel de votre nom.
' 1. Reg. iir, 9 } Joan. vi , 69.
UV. m, OHAP. II. 167
bÉFLBXIOM.
L^Écriture sainte semble n'avoir point d*expressions assez ma^ifiques pour peindre les effets de la parole de Dieu. C est cette parole toute-puissante * qui a tiré du néant tdiitès choses , fertilisé la terre et affermi les cieux. A elle seule appartiennent tous les prodiges de Fancienne loi et de la liouv^ô. G est die, selon Texpression de FApôtre, qui ressuscite les mofls; <{tii appelle' It» choses qtd ne sont pas et |{ID n'ont jamais été^ comme-si elle^ éloient en elfet; qpi^ porfée d'un bout du monde à lautre, a vaincu le monde, arrachant à Fenfer son triomphe et sa proie. Tels sont les effets de la parole extérieure. Mais qui pourra peindre les miracles de cette parole intérieure, sans laquelle Fautre na point de fruits pour nous; parole mystérieuse, sans cesse agissante, et ressuscitant sans cesse celui qui consent à la rece^ voir! Seigneur, s*écrioit le roi prophète, ranimezr moi, ressuscitez-moi par votre parole^. Et le Sauveui' ltQ*ùièillë ne Fa-t-il pas diit? Mes paroles sont esprit et vit^. Ééoutcttls-la doué avec soumission et àtiKtaty c(Hte parole tivifiante, qui ne fait point de brtdt
' Sapienf. xviii , i5. -* • Ps. cxviii, a5. — ' Joàn. yi,64.
i68 l'imitation de jésus-ghrist.
dans le fond de nos cœurs, mais qui tonnera au dernier jour contre celui qui ne Faura point écoutée.