LIV. III, CHAP. III
3. J.-C. C'est moi qui ai , dès le commencement, instruit les prophètes, dit le Seigneur; et jusqu'à présent même, je ne cesse point de parler à tous ; mais plusieurs sont endurcis et sourds à ma voix.
Le plus grand nombre écoute le monde de préférence à Dieu : ils aiment mieux suivre les désirs de la chair que d'obéir à la volonté divine.
Le monde promet peu de chose, et des choses qui passent, et on le sert avec une grande ardeur : je promets des biens immenses ,*éternels, et le cœur des hommes reste froid.
Qui me sert et m obéit en toutes choses avec autant de soin qu'on sert le monde et les maîtres du monde?
Rougis y Sidon, dit la mer'-^ et si tu en demandes la cause, écoute, voici pourquoi :
Pour un petit avantage , on entreprend une longue route ; et , pour la vie éternelle , à peine en trouve^t-on qui veuillent faire un pas.
On recherche le plus vil gain ; on plaide
'Is. XXIII, 4*
170 L'IMITM^ION de JÊ6D»CHRIST.
hont^isement quelquefois pour ube {nècé de monnaie; sur une légère promesse et pour une chose de rien, on ne craint pas de se iaëçuer le jour et la nuit.
Mais , ô honte ! pour un bien immuable , pour une récompense infinie^ popr.un honneur suprême et une gloire san» fin, on ne sàurcÂt se résoudre a la moindre fatigde.
4. Serviteur paresseux et toujours murmurant, rougis donc de ce quil y ait des honunes plus ardents à leur perte que tu ne Tes à te sauver , et pour qui la vanité a plus d attrait que n en a pour toi la vérités *
Et cependant ils sont souvent abusés par leurs e^érancea; tandis que ma promesse ne irèmpe point, et que jan^ais je ne me refuse à celui qui se confie eu moi.
Ce que jai promis, je le donnerai) ce ^e jai dit, je laccomplirai , si toutefois Ton de^ meulre avec fidélité daxis mon ' amour jttst{u'à la fin.
C'est moi qui récompense les bons , et qui éprouve fortement les justes.
5. Gravez mes paroles dans votre cœur, et méditez-les profondément : car, à Theure delà
UY. m, CHAP. HI. 171
Isolation, elles vous seront Irès nécaMaires.
Ce que vous n entendez pas en le lisant , TOUS le compreiiidrez au jour de ma visite.
4 ai coutume de visiter mes élus de deux ma^* nières; par la teotatioii et par la consolation.
Et tous les jours je leur donne deux leçons : Tune, en les reprenant de leurs défauts ; lautre, en les exhortant à avancer dans la vertu.
Celui qui reçoit ma parole et qui la méprise sera jugé par elle au dernier jour ' .
PRIÈRE
POUB DltMANDEB LA G|IACS DE LA DÉVOTION.
6. Le F. Seignieur, mon Dieu ^ vous êtes tout non bien : et qui suis-je pour oser vous parler?
Je suis le plus pauvre de vos serviteurs^ et u» abject ver de terre^ beaucoup plus pauvre elplus mépriaable que je lie sais et que je n ose dire.
Souvenez -vous cependant, Seigneur, que
' Joann. xii, 48*
.172 l'imitation de jésus-oeirist.
je ne suis, rien , que je n'ai rien , que je ne puis rien.
Vous êtes seul bon , juste et saint ; vous pou- | vez tout, vous donnez tout, vous remplissez tout, hors le pécheur, que vous laissez vide.
Souvenezrvotis de vos miséricordes * , et remplissez mon cœur de votre grâce, vous qui ne voulez point qu'aucun de vos ouvrages demeure vide.
y. Gomment puis*-je, en cette misérable vie, porter le poids de moi*même, si votre miséricorde et votre grâce ne me fortifient?
Ne détournez pas de moi votre visage; ne différez pas à me visiter ; ne me retirez point votre consolation, de peur que, privée de vous y mon ame ne devienne comme une terre sans eau^.
Seigneur y apprenezrmoi k faire votre volonté^ \ apprenez -moi à vivre d'une vie humble et digne de vous.
Car vous êtes ma sagesse, vous me connoissez dans la vérité , et vous m'avez connu avant que je fusse au monde, et avant même que le monde fut.
» Ps. XXIV, 6. — • Ibid. Gxui, 6. — ^ ifcW. 11.