Ceci est ia vërité qui dissipe la vanité de la gloire
Là où pénètre la grâce céleste et la vraie charité il n'y a plus de place pour l'amour-propre, ni pour l'envie qui torture le cœur.
Car l'amour divin subjugue tout et agrandit toutes les forces de l'ame.
Si vous écoutez la sagesse, vous ne vous réjouirez qu'en moi, vous n'espérerez qu'en moi, parceque nul n'est bon que Dieu seul, à qui, en tout et par-dessus tout, est due à jamais la louange et la bénédiction.
RÉFLEXION
Oui , nous devons tout rapporter à Dieu comme à notre unique fin , puisque c'est par lui seul que nous avons commencé; par lui seul que nous conservons letre, le mouvement, la pensée. Les Anges et les hommes puisent également dans cette source inépuisable la lumière et la vie, et tout, sans ce grand
202 l'imitation DE JÉSUS-CHRIST.
Dieu, seroit ténèbre et néant. Que fait donc la créature insensée qui se complaît et s admire dans sa puissance, dans son industrie, dans ses vertus mêmes ? Elle a{][it , suivant l'expression de Bossuet, â la manière de Dieu; elle imite insolemment la pU^ nitude de ce premier Être. Le fleuve est à moi, dboit Pharaon, et je me suis fait moi-même \ Voilà que Dieu le frappe, et ce n'est plus qu un cadavre, donné, pour être leur pâture, aux bêtes féwces et aux oiseaux du Ciel*. Ainsi donc, à Dieu seul la gloire; à nous la honte et le péché. Tout ce que nous avons de bon appartenant à sa grâce, rendons-lui ce qui lui appartient; craignons que notre ame ne soit en quelque sorte violée par les louanges qu'on lui donne : Prenez garde, dit l'Évangile, de ne faire pas vos bonnes (Buvres devant les hommes pour en être regardés^.