CHAPITRE V
De la lecture de FÉcriture sainte.
I . Il faut chercher la vérité dans l'Écriture sainte, et non l'éloquence.
Toute l'Écriture doit être lue dans le même esprit qui l'a dictée.
Nous devons y chercher l'utilité plutôt que la délicatesse du langage.
Nous devons lire aussi volontiers les livres simples et pieux que les livres profonds et sublimes.
LIV, I, CHAP. V. i5
Ne vous prévenez point contre l'auteu r ; mais , sans vous inquiéter s'il a peu ou beaucoup de science, que le pur amour de la vérité vous porte à le lire.
Considérez ce qu on vous dit, sans recheFcher qui le dit.
2. Les hommes passent , mais la vérité du Sei-^ gneur demeure éternellement ' .
Dieu nous }>arle en diverses manières, et par des personnes très diverses.
Dans la lecture de FÉcriture sainte, souvent notre curiosité nous nuit, voulant examiner et comprendre, lorsqu'il faudroit passer simplement.
Si vous voulez en retirer du fruit, lisez avec humilité, avec simplicité, avec foij et ne cherchez jamais à passer pour habile.
Aimez à interroger; écoutez en silence les paroles^des saints, et ne méprisez point les sentences des vieillards ; car elles ne sont pas proférées en vain.
* Ps. XXXTIU, 7.
i6 l'imitation de Jésus-christ.
RÉFLEXION
Qu'est-ce qiie la raison comprend ? Presque rien : mais la foi embrasse Imfini. Celui qui croit est donc bien au-dessus dé celui qui raisonne , et la simplicité du cœur bien préférable à la science qui nourrit Tor- ^eil. C'est le désir de savoir qui perdit le premier homme : il cherchoit la science , il trouva la mort. Dieu , qui nous parle dans TÉcriture , n a pas voulu satisfaire notre vaine curiosité, mais nous éclairer sur nos devoirs , exercer notre foi , purifier et nourrir notre ame par Tamour des vrais biens qui sont
tous renfermés en lui. L'humilité d'esprit est donc
la disposition la plus nécessaire pour lire avec fruit les livres saints ; et c'est avoir déjà profité beaucoup que de comprendre combien ils sont au-dessus de notre raison f oible et* bornée.