LIV. III, CHAP. XI
vous-même dans le trouble et dans rabattement.
5. Il faut aussi quelquefois user de violence, et résister aux convoitises des sens avec une grande force, sans prendre garde à ce que veut la chair et à ce qu'elle ne veut pas, et travailler sur-tout à la soumettre à l'esprit malgré elle.
Il faut la châtier et l'asservir, jusqu'à ce que, prête à tout, elle ait appris à se contenter de peu, à aimer les choses les plus simples, et à ne jamais se plaindre de rien.
Que sommes-nous donc? Quoi I notre volonté estelle si inconstante, notre esprit si foible, la chair si prompte , qu'il y ait également du danger pour nous à suivre nos premières impressions , soit pour foir le mal, soit pour rechercher le bien? Oui, sans doute ; abandonnée à elle-même , notre volonté devient une esclave ; ce n'est que dans son entière dépendance de celle de Dieu qu'elle se retrouve libre et agissante : là où est l'ordre, là est aussi la liberté. Quelle nature étrange est la nôtre ! Entourés d'ennemis, il nous est plus aisé d'obtenir de Dieu ce que
2IO l'imitation de Jésus-christ.
nous voulons, quand notre volonté est confonne à la sienne , que de former sans lui la moindre volonté. Dieu , dit saint Augustin, a formé F homme avec [usage de son libre arbitre; animal terrestre^ mais digne du ciel y iil sait s attacher à son Créateur \
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