‹ Imitation de Jésus-ChristChapitre 15 sur 312 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

Qu'il faut fuir Torgueil et les vaines espérances.

I . Insensé celui qui met son espérance dans les hommes , ou dans quelque créature que ce 8oit.

N ayez point de honte de servir les autres^ et de paroître pauvre en ce monde , pour Tamour de Jésus-Christ.

UV. I, CHAP. Vil. i9

Ne vous appuyez point sur vous-même, et ne vous reposez que sur Dieu seul.

Faites ce qui est en vous, et Dieu secondera votre bonne volonté.

Ne vous confiez point en votre science, ni dans rhabileté d aucune créature ; mais plutôt dans la grâce de Dieu, qui aide les humbles, et qui humilie les présomptueux .

2. Ne vous glorifiez point dans les richesses, si vous en avez, ni dans vos amis, parcequ'ils sont puissants, mais en Dieu, qui donné tout, et qui, par-dessus tout, désire encore se donner lui-même.

Ne vous élevez point à cause de la force ou de la beauté de vôtre corps , qu'une léfjère infirmité abat et flétrit.

N ayez point de complaisance en vous-même à cause de votre esprit ou de votre habileté , de •peur de déplaire à Dieu , de qui vient tout cç que vous avez reçu de bon de la nature.

3, Ne vous estimez pas meilleur que les autres, de crainte que peut-être vous ne soyez pire aux yeux de Dieu , qui sait ce qu'il y a dans l'homme.

Ne vous enor(jueillis8ez pas de vos bonnes

20 l'imitation de Jésus-christ.

œuvres; car les jugements de Dieu sont autres que ceux des hommes, et ce qui plaît aux hommes souvent lui déplaît.

S'il y a quelque bien en vous, croyez qu^il y en a plus dans les autres, afin de conserver l'humilité.

Vous ne hasardez rien à vous mettre au-dessous de tous; mais il vous seroit très nuisible de vous préférer à un seul.

L'homme humble jouit d'une paix inaltérable ; la colère et l'envie troublent le cœur du superbe,

RÉFLEXION

Les païens , à qui Dieu a voulu cacher les biens du ciel, avoient eux-mêmes reconnu que ceux de la terre sont périssables ; qu'il étoit insensé d y fonder de longpies espérances ; et , dans l'excès de leur misère , l'orgueil les consoloit en quelque sorte du désespoir. Le chrétien méprise aussi ce qui étoit lobjet de leur mépris ; mais son espérance n en est que plus haute ; et il s'humilie avec joie devant l'objet qu'il espère, parceque cet objet est Dieu luimême.

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