LIV. III, CHAP. XXI
Maintenant je ne sais que gémir, et je porte avec douleur ma misère.
Car, en cette valiée de larmes, il se rencontre bien des maux qui me troublent, m affligent, et couvrent mon ame comme dun nuage. Souvent ils me fatiguent et me retar-^ dent; ils s emparent de moi^ ils m arrêtent, et m otant près de vous un libi^ accès ils me pri* vent de ces délicieux embrassemen ts dont jouissent toujours et sans obstacle les célestes esprits.
Soyez touché de mes soupirs et de ma désolation sur la terre !
4. O Jésus! splendeur de Vétemelle gloire \ consolateur de lame exilée! ma bouche ^est oHiette devant vous , et mon silence vous parle.
Jusqu'à quand mon Seigneur tardera-t-il de venir? #
Qu'il vienne à ce pauvre qui est à lui, et qu il lui rende la joie. Qu'il étende la main {X)ur relever un malheureux plongé dans langoisse.
Venez, venez : car, sans vous, tous les jours, toutes les heures s'écoulent dans la tristesse , parceque vous êtes seul ma joie, et que vous
» lieb. 1 , 3.
pouvez seul remplir le vide de mon cœur. Je suis oppressé de misère, et comme un prisonnier chargé de fers, jusqu'à ce que, me ranimant par la lumière de votre présence, vous me rendiez la liberté, et jetiez sur moi un regard d'amour.
5. Que d'autres cherchent, au lieu de vous, tout ce qu'ils voudront; pour moi, rien ne me plaît, ni ne me plaira jamais, que vous, ô mon Dieu, mon espérance, mon salut éternel!
Je ne me tairai point, je ne cesserai point de prier, jusqu'à ce que votre grâce revienne, et que vous me parliez intérieurement.
6. J.-C. Me voici : je viens à vous, parceque vous m'avez invoqué. Vos larmes et le désir de votre ame , le brisement de votre cœur humilié, m'ont fléchi et ramené à vous.
7. LeC Et j'ai dit: Seigneur, je vous ai ap pelé, et j'ai désiré jouir de vous, prêt à rejeter pour vous tout le reste.
Et c'est vous qui m'avez excité le premiei' à vous chercher.
Soyez donc béni. Seigneur, d'avoir usé de cette bonté envers votre serviteur, selon votre infinie miséricorde.