‹ Imitation de Jésus-ChristChapitre 154 sur 312 · LIV. 111, CHAP. XXll · texte numérisé non relu

LIV. 111, CHAP. XXll

(Ions si abondamment, si gratuitement, sans acception de personne.

Tout vient de vous, et ainsi vous devez être loué de tout.

Vous savez ce qu'il convient de donner à chacun, pourquoi celui-ci reçoit plus, cet autre moins; ce n est pas à nous qu'appartient ce discernement, mais à vous, qui pesez tous les mérites.

4. C'est pourquoi. Seigneur mon Dieu, je regarde comme une grâce singulière que vous m'ayez accordé peu de ces dons qui paroissent au-deliors, et qui attirent les louanges et l'admiration des hommes. Et certes, en considérant son indigence et son abjection, loin d'en être abattu, loin d'en concevoir aucune peine, aucune tristesse, on doit plutôt sentir une douce consolation, une grande joie; car vous avez choisi , mon Dieu , pour vos amis et vos serviteurs, les pauvres, les humbles, ceux que le monde méprise.

Tels étoient vos apôtres mêmes, que vous avez établis princes sur toute la terre'.

' Ps. XLIT, 17.

254 l'imitation de jésus-christ.

Ils ont passé dans ce monde sans se plabidre^ purs de tout artifice et de la pensée méaie du mal, si simples et si humbles, qails se réjouissaient de souffrir les outrages pour votre twm ' , et qu'ils embrassoient avec amour tout ce que le monde abhorre.

Rien ne doit causer tant de joie à celui qui vous aime et qui connoît le prix de vos bienfaits, que raccomplissement de votre volonté et de vos desseins étemels sur lui.

11 doit y trouver un contentement, une consolation telle, quil consente aussi vdlontiers d'être le plus petit, que dautres désirait avec ardeur être le plus grand; qu'il soit aussi tranquille, aussi satisfait dans la dermène place que dans la première; et que, toujours prêt à souBrir le mépris, les rebuts, il s estime aussi heureux detre sans nom, sans réputation, que les autres de jouir des honneurs et des grandeurs du monde.

Car votre volonté et le zèle de votre gloire doivent être pour lui au-dessus de tout, et lui plaire et le consoler plus que tous les dons que

» Act. V, /\i.

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