‹ Imitation de Jésus-ChristChapitre 189 sur 312 · LIV. m, CHAP. XXXVII. 3o · texte numérisé non relu

LIV. m, CHAP. XXXVII. 3o

a. Le F, Seigneur, en quoi dois-je me renoncer, et combien de fois?

3. J.-C. Toujours et à toute heure, dans les plus petites choses comme dans les plus grandes. Je n'excepte rien , et j'exige de vous un dépouillement sans réserve.

Comment pourrez-vous être à moi , et comment pourrai-je être à vous, si vous n'êtes libre au-dedans et au-dehors de toute volonté propre?

Plus vous vous hâterez d'accomplir ce renoncement, plus vous aurez de paix; et plus il sera parfait et sincère, plus vous me serez agréable, et plus vous obtiendrez de moi.

4. Il y en a qui renoncent à eux-mêmes, mais avec cpielque réserve ; et parcequ'ils n'ont pas en Dieu une pleine confiance, ils veulent encore s'occuper de ce qui les touche.

Quelques uns offrent tout d'abord ; mais la tentation survenant, ils reprennent ce qu'ils avoient donné, et c'est pourquoi ils ne font presque aucun progrès dans la vertu.

Ni les uns ni les autres ne parviendront jamais à la vraie liberté d'un cœur pur, jamais ils ne seront admisà ma douoe familiarité, qu'a-

3lO l'imitation de JÉ£VS-*GMRIST.

près un entier abandon et un continuel sacrifice d eux-mêmes , sans lequel on ne peut ni jouir de moi, ni s'unir à moi.

5. Je vous lai dit bien des fois , et je vous le redis encore: Quittez-vous, renoncez à vous, et vous jouirez d'une grande paix intérieure.

Donnez tout pour trouver tout,* ne recherchez, ne redemandez rien : demeures fermement attaché à moi seul^- et vous- ve posséderez.

Votre cœur sera libre, et dégagé des ténèbres qui lobsciircissent.

Que vos efforts, vos prières, vos désirs n aient qu'un seul objet; d'être dépouillé de tout intérêt propre, de suivre nu Jésus-Christ, de mourir à vous-même, afin de vivre pour moi éternellement.

Alors s'évanouiront toutes les pensées vaines, les pénibles inquiétudes, les soins superflus.

RÉFLEXION

Encore un coup , il n y a point de condidons à proposer à Dieu, ni poar le temps, ni pour la mesure des épreuves qu'il lui plaît de nous envoyer Ce

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n'est pas une vaine idole dont nous puissions prétendre faire ce qu il nous plaît , mais le Dieu véritable , dont la volonté se fait sur la terre comme dans les deux \ Consulterons-nous plutôt notre foible^ cœur que sa justice et sa miséricorde, qui, toutes deux réunies, ne frappent que pour gpiérir, ne perdent que pour ressusciter? Ainsi nous deviendroient inutiles des souffrances dont une entière résignation eût fait notre espérance et notre paix. Toutefois ce Dieu compatissant, lorsqu'il juge nécessaire d appesantir son bras, ne s'irrite point du cri que la donleor arrache à sa créature infirme et malheureuse; A nous est permis de dire avec Jésus : Mon Père, que ce calice s éloigne de moi ^ ! Mais conune lui , nous élevant au-dessus de tout ce qui est terrestre, et aspirant aux cieux, ajoutons dans toute la ferveur de nos prières. Mon Père, non pas ma volonté^ mais la vôtre; que votre volonté soit faite ^.

» Mattb. VI, lo. — * Marc, xiv, 36. — ^ Ibid^

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