CHAPITRE XXXIX
Qu'il faut éviter rempresâement dans les affaires.
1 . J.-*C. M6n fils, remettez-onoi toujours vos intérêts ; j en disposerai selon ce qui sera le mieux )• au temps convenable.
Attendez ce que j'ordonnerai^ etTOus y trouverez un grand avantage.
2. Le F. Seigneur, je vous remets tout avec beaucoup de joie : car j avance bien peu quand je n ai que mes propres lumières.
Oh! que ne puis-je, oubliant l'avenir, m'a? bandpnner, dès ce moment, sans réserve à votre volonté souveraine !
3. J.-C. Mon fils, souvent Thomme poursuit avec ardeur une^chose qu'il désire : l'a-t-il obtenue, il commence à s'en dégoûter, parcequ'il n'y a rien de durable daqs ses affections, et qu'elles l'entraînent incessamment d'un objet à un autre.
Ce n'est donc pas peu de s^ renoncer soimême dans les plus petites choses.
3i6 l'imitation de jésus-ghrist.
4. Le vrai progrès de rhomme est FabDégation de soi-même *, et Thomme qui ne tient plus à soi est libre et en assurance.
Gependaiit lancien eniieia;ii , qui s oppose à tout bien , ne cesse pas de le tenter ; il lui dresse, nuit et jour, des embûches, et s'efforce de le surprendre pour le £iire tomber dans ses pièges.
Veillez et priez y dit le Seigneur, afin que wm n'entriez point en tentation ' .
RÉFLEXION
Nous L'éprouvons chaque jour dans la poarsuite des vaiqs objets de nos désirs : de loin , ils nous apparoissent brillants de mille couleurs fantastiques; et, dès que nous en approchons, tout s évanouit comme une vapeur que dissipe le soleil. Ainsi, dit Bossuet, nous traînons jusqu*au tombeau la longue chaîne de nos espérances trompées. Malheureux nautoniers , ne nous lasserons -nous point de vogfuer au hasard , cherchant ainsi le port au milieu d une mer agitée et sans rivages? Jetons Tancre dans le
■ Matth. xxvf , /\i.
UV. III, GHAP. XXXIX. 3l7
ciel : c est là un port assuré où nous pourrons à jamais braver cette mer perfide , ses tempêtes et ses écueils.