LIV. I, CHAP. XI
servis à nos passions et à nos convoitises, nous ne disons ancun effort pour entrer dans la voie parfaite des saints.
Et, s'il arrive que nous éprouvions quelque légère adversité, nous nous laissons aussitôt abattre, et nous recourons aux consolations bumaines.
4. Si, tels que des soldats généreux, nous demeurions fermes dans le combat, nous verrions certainement le secours de Dieu descendre sur nous du ciel.
Car il est toujours prêt à aider ceux qui résistent, et qui espèrent en sa grâce; et c est lui qui nous donne des occasions de combattre, afin de nous rendre victorieux.
Si nous plaçons uniquement le progrès de la vie chrétienne dans les observances extérieures, notre dévotion sera de peu de durée.
Mettons donc la cognée à la racine de larbre, afin que, dégagés des passions, nous pos*sédions notre ame en paix.
5. Si nous déracinions chaque année un seul vice, bientôt nous serions parfaits.
Mais nous sentons souvent au contraire que nous étions meilleurs, et que notre vie étoit
3o l'imitation de jêsus-chrïst.
plus pure lorsque nous quittâmes le siècle qu après plusieurs années de profession.
Nous devrions croître chaque jour en fer^^ veur et en vertu, et maintenant on compte pour beaucoup d'avoir conservé une partie de sa ferveur.
Si nous nous faisions d'abord un peu de violence , nous pourrions tout faire ensuite aisé*» ment et avec joie.
6. Il est dur de renoncer à ses habitudes; mais il est plus dur encore de courber sa propre volonté.
. Cependant si vous ne savez pas vous vaincre en. des choses légères, comment remportereaîvous des victoires plus difficiles?
Résistez dès le commencement à votre inclination; rompez sans aucun retard toute habitude mauvaise, de peur que peu à peu elle ne vous engage dans de plus grandes difficultés.
Oh 1 si vous considériez quelle paix pour vous , quelle joie pour les autres , en vivant comme vous le devez, vous auriez, je crois, plus d'ardeur pour votre avancement spirituel.