‹ Imitation de Jésus-ChristChapitre 207 sur 312 · LIV. III, CHAP. XLVI · texte numérisé non relu

LIV. III, CHAP. XLVI

de Thomme et son penchant au mal, soyez ma force et toute ma confiance : car ma conscience ne me suffît pas.

Vous connoissez ce que je ne connois point; ainsi j ai dû m abaisser sous tous les reproches et les supporter avec douceur.

Pardonnez-moi, dans votre bonté , toutes les fois que je n ai pas agi de la sorte ; et donnezmoi plus abondamment la grâce qui apprend à souffrir.

Car je dois compter bien plus sur votre grande miséricorde pour obtenir le pardon , que sur ma vertu apparente pour justifier ce que ma conscience recèle.

Quoique je ne me reproche rien , je ne suis cependant pas justifié pour cela ' ; parceque sans votre miséricorde, nul homme vivant ne sera juste devant vous^.

RÉFLEXION

Les mêmes leçons nous sont souvent répétées, parcequ en effet la science du chrétien se réduit à peu de chose : détachez-vous entièrement du monde

» Cor. IV, 4« — * Ps« cxLii, 2.

s'il vous loue , craignez ses louanges comme on poison ; s'il vous poursuit par des injures et par des calonmies , souffrez avec patience ses calomnies et ses injures : telle est la volonté de Dieu, qui vous afflige parceque vous êtes un homme de péché. Eh quoi ! ne comprenez-vous donc point encore que le monde et ses paroles passeront, et que la parok de Dieu ne passera point ' ? Cette parole vous appelle à lui; mab vous n y pouvez arriver qu'à travers les tribulations, par la patience, par l'humilité. De même que l'or s'épure en passant par la fournaise, de même sa miséricorde suscite le monde contre vous pour vous purifier de vos souillures. Il knt boire ce calice, il faut résister à cette tentation, pour mériter d'être élevé par la grâce, pour recevoir ces vives lumières d'une charité étemelle, qni faisoient dire à l'Apôtre : Notre demeure est avec les anges, et notre conversation est dans le ciel^.

' Matth. XXIV, 35. — * Philipp. m, 20.

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