‹ Imitation de Jésus-ChristChapitre 209 sur 312 · WV. III, CHAP. XLVII · texte numérisé non relu

WV. III, CHAP. XLVII

mieux être au-dessous de tous quau dessus dun seul!

Vous ne désireriez point les jours heureux de cette vie; mais plutôt vous vous réjouiriez dte souffrir pour Dieu, et vous regarderiez comme le plus grand gain d'être compté pour rien parmi les hommes.

Oh ! si vous goûtiez ces vérités, si elles pénétroient jusqu'au fond de votre cœur, comment oseriez-vous vous plaindre, même une seule fois?

Est-il rien de pénible qu'on ne doive supporter pour la vie éternelle?

Ce n'est pas peu que de gagner ou de perdre le royaume de Dieu.

Levez donc les yeux au ciel. Me voilà , et avec moi tous mes saints : ils ont soutenu dans ce monde un grand combat; et maintenant ils se réjouissent, maintenant ils sont consolés et à Tabri de toute crainte, maintenant ils se reposent, et ils demeureront à jamais avec moi dans le royaume de mon Père.

346 l'imitation de jésus-christ.

RÉFLEXION

Oui, c'est alors que tous les voiles seront levés, et toutes les promesses accomplies; que la grande énigme du monde sera expliquée au fidèle qui adoroit humblement sans comprendre , comme à Timpie qui se moquoit , parcequ'il ne comprenoit pas. Alors tout sera consommé sur la terre, et les prospérités du monde , et les souffrances de ceux dont le monde n'étoit pas digne; alors, avec une nouvelle terre et de nouveaux cieux , commencera un régne nouveau, où éclateront, dans toute leur étendue , la justice et la miséricorde: justice infinie sur les méchants, miséricorde infinie sur les bons. Qui pourra décrire le bonheur que Dieu réserve à ceux qu^il aura choisis? C'est ce que Cœil na point vu, ce que roreille n a point entendu , ce que l'esprit de [homme ne saurait comprendre * Ah ! si vous connoissiez le don de Dieu *, disoit Jésus. O mon Sauveur ! comment le connoîtronsnous? par la foi, uniquement par la foi. Il na pas voulu nous apporter d autre lumière ; et elle a suffi à ses saints pour souffrir, espérer, aimer, persévérer. Les promesses du Seigneur ont fait leur joie sur

* 1. Cor. Il, 9. — ^ Joann. iv, 10.

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la terre, joie déjà toute céleste par ses purs ravissements et par ses désirs inexprimables : « O mon Dieu ! u disoit le bienheureux Louis de Blois; ô douceur de « mon ame ! 6 ma consolation , ma vie , mon amour, « mon désir! 6 mon trésor! ô tout mon bien! O mon ^ principe et ma fin ! mon ame soupire après.vos détflicieux embrassements ; elle lauguit, elle défaillit o dans Tardeur de s unir à vous , d être attachée intiu mement à vous par le Hen très doux d un indisso- « lubie amour ! Que cherché-je dans le ciel ; et qu ai-je a voulu sur la terre? le Dieu de mon cœur, le Dieu tt qui est mon partage pour Tétemité. Oh ! quand u cessera tout*à-f ait pour moi le bruit du monde? u Quand serai-je entièrement délivré des empêche- «ments, des soucis et des vicissitudes du siècle? tf Quand finira mon pèlerinage et la triste captivité « de ce lieu d'exil? Quand verraî-je décliner lombre u de la mortalité, et luire Faurore du jour étemel? « Quand , heureusement déchargé du fardeau de ce « corps, jouirai-je de votre vue, et vous louerai-je MétemeUement et sans obstacle avec vos saints? ô « mon Dieu , ô mon amour ! ô tout mon désir! ô tout (I mon bien ' ! »

* Le Guide spirituel, chap. iv.

348 LIMITATION DE JÊSUS-OHRIST.

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