LIV. IV, CHAP. IV
leurs tribulations diverses ; vous les relevez de leur abattement par l'espérance de votre protection; vous les ranimez intérieurement et les éclairez par une grâce nouvelle; de sorte que ceux qui se sentoient pleins de trouble et de tiédeur avant la communion se trouvent tout changés après s'être nourris de cette viande 'et de ce breuvage céleste.
Vous en usez ainsi avec vos élus, afin qu'ils reconnoissent clairement, et par une manifeste expérience, toute la foiblesse qui leur est propre, et tout ce qu'ils reçoivent de votre grâce et de votre bonté.
Car d'eux-mêmes froids, durs, sans goût pour la piété , par vous ils deviennent pieux , zélés, fervents.
Qui, en effet, s'approchant humblement de la fontaine de suavité, n'en remporte pas un peu de douceur? ou qui, se tenant près d'un grand feu, n'en reçoit pas quelque chaleur?
Vous êtes, mon Dieu, cette fontaine toujours pleine et surabondante, ce feu toujours ardent et qui ne s'éteint jamais.
4. Si donc il ne m'est pas permis de puiser à la plénitude de la source, et de m'y désaltérer
446 l'imitation de jésus-christ.
parfaitement , I approcherai cejjendant ma bouche de louvertute par où s'écoulent les eaux célestes, afin d en recueillir au moins une petite goutte pour apaiser ma soif, et ne pas tomber dans une entière sécheresse.
Et si je ne puis encore être tout céleste, et tout de feu, comme les chérubins et les séraphins, je m'efforcerai pourtant de m'animera la piété, et de préparer mon cœur, afin qu'en participant avec humilité à ce sacrement de vie, je reçoive au moins quelque légère étincelle de ce feu divin.
Bon Jésus, Sauveur très saint, suppléez vousmême, par votre bonté et votre {çrace, à ce qui me manque , vous qui avez daigné appeler à vous tous les hommes, disant: Prenez à moi^ vous tous qui êtes accablés de travail et de douleur, et je vous soulagerai \
5. Je travaille à la sueur de mon front, mon cœur est brisé de douleur, le poids de mes péchés m'accable, les tentations m'agitent, une foule de passions mauvaises m'enveloppe et me presse; et il n'y a personne qui me secoure, qu*
' Matth. XI, 28.