LIV. IV, CHAP. IX
Taigreur, la colère, tout ce qui divise,' tout ce qui peut altérer la charité et diminuer lamouj: frateraeL
Ayez pitié. Seigneur, ayez pitié de ces paur vres qui implorent votre grâce , votre miséricorde ; et faites que nous soyons dignes de jouir ici-bas de vos dons , et d'arriver à l'éternelle ▼ie. Ainsi soit-il.
RÉFLEXION
Jésu^-Christ s*e$t donné pour nous par un excès d^amour que jamais nous ne pourrons comprendre : c^est par ce même amour qull nous demande de nous donner à lui; et, en effet, il ny a quune seule chose qui nous soit nécessaire % cest detre unis à Jésus-Christ. Crains Dieu et observe ses commande^ ments, dit l*Esprit saint, car cest là tout [homme '. « Tout le reste lui est étranger, cela seul lui appartient, conune une chose qui lui est propre : c'est tout le fond de Thomme, toute sa substance, tout son être. Quoi que tu perdes, ô homme, pourvu que tu ne perdes pas Dieu , tu n'as rien perdu du tien 3. » Pour ne pas le perdre, que faut-il faire? Tabandonner à lui, ame chrétienne : lacté d'abandon
» Luc. X, 4"' — ' Eccles. xii, i3. — ^ Hossuct,
470 l'imitation de Jésus-christ.
qui livre toat rhomme à Dieu , voilà le seul acte qui puisse te le conserver. « Tout vous est donc abandonné, Seigneur, faites ce que vous voulez. O mon Dieu 1 je vous abandonne ma vie , et non sentement celle que je mène en captivité et en exil sur la terre, mais encolle ma vie dans rétemUé. Je vous abandonne mon salut, je remets ma volonté entre vos mains; je vous remets lempire que vous m'avez donné sur mes actions. Faites-moi selon votre cœur. Ceux qui sont droits vous aiment \ Faites-moi donc droit, ô mon Dieu, afin que je vous aime de tout mon cœur, de ce cœur que vous formez en moi par votre grâce. Je vous ai tout livré; je n'ai plus rien : c'est li tout l'homme^. >»