‹ Imitation de Jésus-ChristChapitre 28 sur 312 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Éviter les jiigements tëmëraires, et ne se point rechercher

soi-même.

1 . Tournez les yeux sur Vous-même, et gardez-vous de juger les actions des autres.

En jugeant les autres, Thomme se fatigue vainement : il se trompe le plus souvent, et coiïimet beaucoup de fautes ; mais en s*examinan t et se jugeant lui-même, il travaille toujours avec fruit.

D'ordinaire nous jugeons des choses selon Tinclination de notrecœur, car Tamour-ppopre altère aisément en nous la droiture du jugement.

Si nous n avions jamais en vue que Dieu seul, nous serions moins troublés quand on résiste à notre sentiment.

2. Mais souvent il y a quelque chose hors de nous, ou de caché en nous, qui nous entraîne.

Plusieurs se recherchent secrètement euxmêmes dans ce qu'ils font, et ils Tignorent.

LIV, I, CHAP. XIV. 4l

Us semblent affermis dans la paix, lorsque tout va selon leurs désirs; mais éprouvent-ils des contradictions, aussitôt ils s^émeuvent, et tombent dans la tristesse.

La diversité des opinions produit souvent des dissensions entre les amis, entre les citoyens, et même entre les religieux et les personnes dévotes.

3. On quitte difficilement une vieille habitude; et nul ne se laisse volontiers conduire audelà de ce qu'il voit.

Si vous vous appuyez sur votre esprit et sur votre pénétration , plus que sur la soumission dont JésuSf-Christ iious a donné Fexemple, vous serez très peu et très tard éclairé dans la vie spirituelle : car Dieu veut que nous lui soyons parfaitement soumis, et que nous nous élevions au-dessus de toute raison par un ardent amour.

RÉFLEXION

Juger nos frères, cest usurper insolemment un droit qui n^appartient qu à Dieu, seul maître et juge souverain, droit que lui seul peut transmettre à qui il lui plait; c*est nous établir, par une double trans-

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gressîon , les supérieurs de nos égaux , et les égaux de ce)ui q\i| est au-<dessus de tout ; c est à-la-fois un attentat contre Dieu et contre le prochain. Une action est-elle manifestement mauvaise , et porte-t-elle en elle-même, comme dit saint Augustin, son propre jugement', vous. devez la blâmer sans doute, mais sans aucun sentiment de haine ni d'aigreur contre celui qui Fa commise, remerciant Dieu de vous avoir jusqu^à présent préservé, par sa grâce, dune chute aussi énorme, et le priant de rendre le don gratuit de cette grâce à celui qui la si malheureusement perdu. Les motifs d une action, en apparence coupable, sont-ils douteux, les intentions en sontelles incertaines, jugez suivant la charité; et souvenez-vous qu'à Dieu seul appartient de juger selon la justice, dans ce dernier jour où tout sera consommé.

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