‹ Imitation de Jésus-ChristChapitre 292 sur 312 · LIV. IV, CHAP. XV. 5oi · texte numérisé non relu

LIV. IV, CHAP. XV. 5oi

n avoit point vu, et il sera dans Tabondance, et son cœur se dilatera, parceque le Seig^neur est avec lui, et quil s est lui-même remis sans réserve et pour toujours entre ses mains.

C'est ainsi que sera béni Thomme qui cherche Dieu de tout son cœur et qui n'a pas reçu son ame en vain ' .

Ce disciple fidèle, en recevant la sainte Eucharistie, mérite d obtenir la grâce d une union plus grande avec le Seigneur, parcequ'il ne considère point ce qui lui est doux, ce qui le console, mais, au-dessus de toute douceur et de toute consolation , Thonneur et la gloire de Dieu.

RÉFLEXION

La grâce est un don de Dieu , et tout don est volontaire : aussi Dieu se plaît-il à nous le faire sentir. « Il semble , dit un saint docteur ^ , qu^il se joUe avec les hommes, comme un père avec ses enfants : tantôt ils se figurent qu'ils le tiennent ; puis tout-àcoup il leur échappe; tantôt il se montre comme un soleil avec beaucoup de lumière; et puis, en un moment, il se cache dans les nu^giçs. Il s en va, il

■ Ps. xxui,4* — * Ricfa. S. Victor. deGrad. okarit. cap. ii.

5o2 l'imitation de Jésus-christ.

revient ; iL fuit, il s'arrête; il les surprend, il se laisse surprendSre , et tout aussitôt il se dérobe ; et pui», après avoir tiré quelques larmes de leurs yeux et quelques soupirs de leurs cœurs , il les réjouit de la douceur de ses visites. »

Il revient donc après nous avoir quittés! Oui, sans doute, il reviendra, ame chrétienne, s'il a reconnu que , soumise dans vos afflictions comme dans vos joies, à sa volonté sainte, vous demeurez, quelque chose qui puisse arriver, toujours dans la paix, toujours dans l'humilité , vous abandonnant au Dieu fort comme la plus'toible des créatures; aimant à vous perdre comme 'un pur néant dans Tabyme de sa justice infinie et de son infinie miséricorde. Dans votre délaissement, redoublez donc vos prières vers lui; et croyez encore, comme s^int Éphrem, que cette prière même que vous lui adressez vous est donnée par sa grâce, comme tout le reste. Fotre grace^ Seigneury disoit ce grand saint, m'a donné la confiance de vous parler*. Oh! c'est alors que vous éprouverez, avec une douceur inexprimable , la vérité de ce que disoit le Seigneur à ses apôtres : Je m^en vais pour un peu de temps; et je vous reverrai bientôt ^. Or, sachez que, quand il revient ainsi , ce tendre père donne une plus grande grace^.

» S. August. Confess. — ' Joann. xvi, i6, aa. — •* Jacob. IV, 6.

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