La raison et toutes les recherches natu
' Ps. cxYiii, i3o:
5i4 L'iMlUlTION DE JÉSUS-CHRIST.
relies doivent suivre la foi, et non la précéder ni la coitibattre.
Car la foi et lamour s'élèvent par -dessus tout, et opèrent d une manière inconnue dans le très saint et très aug^uste Sacrement.
Dieu éternel , immettse, infiniment puissant, fait dans le ciel et suit la terre des choses grandes, incompréhensibles, et nul ne sauroit pénétrer ses merveilles.
* Si les œuvres de Dieu étoient telles que la raison de lliomme pût aisément les comprendre, elles cesseroient d'être merveilleuses, et ne pou rroient être appelées inefiBeibles.
RÉFLEXION
La scieMe enfle \ dit TApôtre : c*est par elle que la malédiction est vinue sur la terre; c est là cet arbre qui porte des fruits de mort : car te commencement de tout péché est l'orgueil*; et la science, fille de rorgueil, quelle engendre à son tour, renfermant rhomme dans les bornes étroites de son intellig^ce, lui faisant rejeter avec dédain tout ce que cette foible intelligence ne peut comprendre, lui fait^
» I. Cor. VIII, I. — * Ecd. X, i5.
uv. nr, CHAP. XVIII. 5i5
atnU toiites: choses, -rqeter Dieu, parcequ'il lui est intompréhènsible par^dessus toutes choses. Alors commencent les;:afflictiQns, le trouble, et, comme le dit siëBei^quementrÉcriture, lesjureurs' de cet esprit snpérlie, égaré, perdu dans labyme de ses fausses Jneurs , pires pour lui que toute la prolonfieurdes ténèbres; alors y semblable aux anges re^ belles, il trouve son enfer dans labus qu'il a fait dime nature excellente, qui lui avoit été donnée poiins élever jusquatix oieux ; alors, parle sentiment méni^ de son impuissance, il se révolte et s'irrite de plus en plttST'Car il essaie follement d'expliquer les merveilles de ce Dieu qu'il renié et blasphème : mai^ qui pourra fui raconter ses œuvres? qui l'osera, sans être dévoré parut gloire^.? Qu'a dû faire le Réparateur ^^ abattre l'orgueU et confondre la scieiy:e, pour ramener l'homme à Dieu par l'amour; et en ifiltt^ 1^ seule chose, sinon égale, du moins semblable , que l'homme puisse rendre à Dieu, parmi tant de biens qu'il en a reçus, c'^l'amour. Voilà donc qu'a été créé ce mystère ineffable devant lequel toute humaine créature doit se dépouiller de sa raisoiiet combattre ses sens révoltés, adorant, s'abaissant, confessant son néant et sa misère. Mais au moment même où cette pauvre créature tombe ainsi , abattue , anéantie
« Ecd. I, i8. — ' Job. xxxvii, 20.
5i6 l'imitation de jésos-ghrist.
par ce miracle d une puissance infime, il arrive que, 9anctifiéedans ce néant même où elle se plonge , die setrouverelevée, ranimée parle miracle d'un amour infini , qu elle partage autant qu il lui est possible de le paitager; et ainsi se consonmie, par Famour et par rhumilité, cette union du ciel avec la terre, qui avoit été rompue par lorgueil. Quel œil assez audacieux pour essayer d entrer dans ces profondeur» effrayantes? Quel homme assez ennemi de lui-même-, pour concevoir seulement le désir de pénétrer des merveilles de miséricorde, qui lui seroient moins salutaires, si elles cessoient detre impénétrables? Croyons donc sans comprendre: si nous comprenions, conunent pourrions-nous croire? et si nous n avions la foi, comment pourrions-nous vivre, puisqu'il est ^rit : le Juste vit de la foi * ?
' Rom. 1,17.