LIV. I, CHAP. XVI
que nous usions de la même mesure pour nous et pour les autres.
Si tous étoient parfaits, quaurions^nous de leur part à souffrir pour Dieu?
4. Or Dieu la ainsi ordonné, afin que nous apprenions à porter le fardeau les uns des autres : car chacun a son fardeau; personne nest sans défauts, nul ne suffit à soi-même, nul nest assez sage pour se conduire seul; mais il faut nous supporter, nous consoler, nous aider, nous instruire, nous avertir mutuellement.
C est dans ladversité qu on voit le mieux ce que chacun a de vertu.
Car les occasions ne rendent pas Fhomme fragile; mais elles montrent ce qu il est.
RÉFLEXION
Il y a, dans la patience à supporter les défauts des autres^ un aveu de sa propre f ciblasse qui est agréable à Dieii; c'est à-la-fois un acte de charité et d'humilité qui contribue à nous sanctifier, qui souvent ramène dans la bonne voie ceux que l'aigreur et la violence en auroient peut-être à jamais écartés; c'est comme un essai que nous faisons de cette patience
48 l'imitation de Jésus-christ.
plus grande que Dieu demande de nous dans les ad* versités qu'il lui plaît de nous envoyer. Et ces adversités, nous devons être toujours prêts aies recevoir ^ soit comme châtiments de nos fautes , soit comme épreuves de notre vertu.