LIV. I, CHAP. I
La souYeraine sagesse est de tendre au royaume du ciel par le mépris du monde.
4. Vanité donc, damasser des richesses périssables, et d espérer en elles.
Vanité, d'aspirer aux honneurs, et de s'élever à ce qu'il y a de plus haut.
Vanité, de suivre les désirs de la chair, et de rechercher ce dont il faudra bientôt être rigoureusement puni.
Vanité, de souhaiter une longue vie, et de ne pas se soucier de bien vivre.
Vanité, de ne penser qu'à la vieprésente, et de ne pas prévoir ce qui la suivra.
Vanité, de s'attacher à ce qui passe si vite, et de ne se pas hâter vers la joie qui ne finit point.
5. Rappelez-vous souvent cette parole du sage : Vœil rCest pas rassasié de ce quHl voit y ni f oreille remplie de ce qu*elle entend * .
Appliquez-vous donc à détacher votre cœur de l'amour des choses visibles, pour le porter tout entier vers les invisibles.
Car ceux qui suivent l'attrait de leur sens souillent leur ame, et perdent la grâce de Dieu.
* Eccl. 1,8.
RÉFLEXION
Connoître Jésus-Christ n est point assez ; il faut encore laimer et l'imiter. Si on ne laime et si on ne Timite , les plus sublimes connoissances que Ton en peut acquérir ne sont rien ; c est alors une science aussi inutile, aussi vaine que les vanités du monde, qui ne peuvent satisfaire le cœur de l'homme. Fuyez les vanités ; connoissez , mais aussi aimez et imitez Jésus-Christ.