LIV. I, CHAP. XXII
Malheur donc à ceux qui ne connoi&sent point leur misère! et malheur encore plus à ceux qui aiment cette misère et cette vie périssable!
' Car il y en a qui lembrassent si avidement, qu ayant à peine le nécessaire en travaillant ou en mendiant, ils n'éprouveroient aucun souci du royaume de Dieu , s'ils pou voient toujours vivre ici-bas.
4. .0 cœurs insensés et infidèles, si profondément enfoncés dans les choses de la terre, qu'ils ne coûtent rien que ce qui est charnel !
Les malheureux ! ils sentiront douloureusement à la fin combien étoit vil , combien n étoit rien ce qu ils ont aimé.
Mais les saints de Dieu , tous les fidèles amis de Jésu^Christ ont méprisé ce qui flatte la chair et ce qui brille dans le temps : toute leur espérance, tous leurs désirs aspiroient aux biens éternels.
Tout leur cœur s'élevoit vers les biens invisibles et impérissables, de peur que 1 amour des choses visibles ne les abaissât vers la
terre.