LIV. I, CHAP. XXV
Une chose refroidit en quelques uns lar^ deur d'avancer et de se corriger : la crainte des difficultés, et le travail du combat.
En efïet, ceux-»là devancent les autres dans la vertu, qui s'efforcent avec le plus de courage de se vaincre eux-mêmes dans ce qui leur est le |ilus pénible et qui contrarie le plus leurs perichants.
Car lliomme fait d autant plus de progrès et mérite d autant plus de grâces, qu'il se surmonte lui-même et se mortifie davantage.
4. Il 6st vrai que tous n'ont pas également à combattre poût* se vaincre et mourir à euxmêmes.
Cependant un homme animé d'un stèle ûr^ d^it avancera bien plus , même avec de nombreuses passions, qu'un autre à cet égard miellé disposé , mais tiède pour la vertu.
Deux choses aident sur- tout à opérer un grand amendement ; s'arracher avec violence k ce que la nature dégradée convoite ; 4^t travailler ardemment à acquérir la vertu dont On a le plus besoin.
Attachez-vous aussi |>articulièrement à évi-
ter et à vaincre les défauts qui vous déplaisent le plus dans les autres.
5. Profitez de tout pour votre avancement. Si vous voyez de bons exemples, ou si vous les entendez raconter, animez-vous à les imiter.
Que si vous apercevez quelque chose de répréhensible, prenez garde de commettre la même faute; ou, si vous lavez quelquefois commise, tâchez de vous corriger promptement.
Gomme votre œil observe les autres, les autres vous observent aussi.
Qu'il est consolant et doux de voir des religieux zélés, pieux, fervents, fidèles observateurs de la règle !
Qu'il est triste, au contraire, et pénible d'en voir qui ne vivent pas dans l'ordre, et qui ne remplissent pas les engagements auxquels ils ont été appelés !
Qu'on se nuit à soi-même en négligeant les devoirs de sa vocation, et en détournant son cœur à des choses dont on n'est point chargé !
6. Souvenez-vous de ce. que vous avez promis, et que Jésus crucifié vous soit. toujours présent.