LIV. II, CHAP. XI
mandé y dites: Nous sommes des serviteurs inu*files'.
Alors il sera vraiment pauvre et sëparë de tout en esprit, et il pourra dire, avec le prophète : Oui , je suis pauvre et seul dans le monde ^.
Nul cependant n'est plus riche, plus puissant, plus libre, que celui qui sait quitter tout, et soi-même, et se mettre au dernier rang.
RÉFLEXION. [/ o:>
n faut aimer Dieu pour Dieu même, et non pas à ^^9S>^ cause de la joie que Ton goûte à le servir : car, s'il noos retiroit ses consolations, que deviendroit cet amour mercenaire? Celai qui se cherche encore en quelque chose ne sait poiat aimer. Regardez votre modèle, contemplez Jésus; il ne s'est recherché en rien : Christus non sibi placuit^. Il a tout sacrifié pour vous, son repos, sa vie, sa volonté même: Non pas ce que je veux, disoit-il , mais ce que vous voulez^. Il a tout souffert, jusqu'à la croix, jusqu'au délaissement de son Père : Mon Dieu ! pourquoi maveZ'VOUs abandonné^? Entrons, à son exemple,
'Luc. XVII, 10. — ' Ps. XXIV, ly. — ^ Rom. xv, 3. — ^ Matt. XXVI, 46. — * Jbid. xxvii, Sg.
i48 l'imitation de Jésus-christ.
dans cet esprit de sacrifice; et, détachés désormais de tout intérêt propre, acceptons, avec une égale sérénité, les biens et les maux, les peines et les joies, en sorte que, n ayant de pensées , de désirs que ceux de Jésus, nous soyons consommés avec lui dans cette unité parfaite^ que, près de quitter ce monde, U demandoit pour nous à son Père, comme le dernier et le plus grand de ses dons.