‹ Imitation de Jésus-Christ;Chapitre 101 sur 190 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

QU^L FAUT ÉVITEB UNE CU&IEUSE RECHEECHE DB L4

GOHDUITE DES AUTRES.

jÉStJS-GHRIST.

Mon fils, ne soyez point curieux, et ne vous chargez point de soins inutiles. Qu'est-ce que ceci ou oeia vous regarde? Pour vous , suivez-moi. ( Joan. 2 1 . âa . ^

En effet, que vous importe que celuici soit de telle ou de telle humeur? que celui-là agisse ou parle de telle ou telle manière ? Vous n'avez point à répondre pour les autres ; vous rendez compte pour vous-même ; de quoi vous embarrassezvous donc ?

Je connais tous les hommes; je vols

I tout ce qqi «e passe sous le soleil, et je ^ sais l'état de chacun en particulier , ce qu'il pense , ce qu'il désire , et â quoi tendent ses desseins. Il faut donc se remettre à moi de tout. Pour vous , demeurez en paix, et laissez celui qyi est inquiet s*agiter tant qu'il voudra. Tout ce qu'il aura fait ou dit sera sur son compte, parce qu'il ne peut pas. me tromper.

2. Ne vous mettez point en peine du faus^ éclat d'un grand nom , non plus que davoir la familiarité de 1)eaucoup de monde , ou Tamitié particulière de quelques-uns; car ces choses sont une source de distractions et jle grands obscurcissemens de cœur.

Je vous ferais volontiers entendre ma parole , et vous découvrirais mes secrets , si, observant soigneusement ma yenue, vous m'ouvriez la porte de votre coeur.

Soyez prévoyant, veillez dans la prière, et humiliez-vous en tout.

PRATIQUE

Pour avoir la vraie paix de Tâme, il faut, j . éviter toute curiosité sur ce qui regarde le prochain ; 2. recevoir avec patience les peines ^ui nous viennent, ou • de la justice de Dieu , ou de Tinjustice des hommes ; 3. se taire à souffrir, et s'accoutumer à la privation du goût et de la consolation ; 4. sacrifier & Dieu toutes les satisfactions de notre esprit, de notre cœur et de nos sens, et le remercier de ce qu'il ne permet pas que nous trouvions rien hors de lui qui nous contente.

PRIÈRE

Je vous avoue, ô mon Dieu! que le seul désir que îe sens, et l'unique curiosité de mon esprit; est de

savoir si je suis dans votre grâce , et si j'y persëvërerai )us€|u'à la mort; si vous m'avez pardonne mes pëcbës, et si vous me ferez la grande miséricorde^ c'est-à-dire, si vous m'accorderez la persëvëhiuce finale. Mais )e veux vous remettre ce dësir, vous sacrifier cette sécurité, et attendre de votre gure bonté cette dernière grâce. Ainsi soit-il.

Page 1