‹ Imitation de Jésus-Christ;Chapitre 127 sur 190 · CHAPITRE XLIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIV

Qv'lL NI FAUT POINT s'eMBARUÀSSISA DANS LES CHOSES

EXTÉRIBUBBS.

Mon fils , ily a bien des choses qu'il est bon que vous ignoriez; et il faut vous regarder cofame u/n homme mort au monde j et pour qui tout le monde e$t crucifié. (Col. 3. 3. Gai. 6. i4-) Il faut atissi que vous passiez sur plusieurs choses sans y prêter l'oreillfe, et vous appliquer bien plutôt à ce qui contribue à votre paix.

Il vaut mieux, détourner votre vue des

objets qui vous déplaisent, et laisser à chacun penser comme il veut, que de vous engager dans des contestations. Si vous demeurez bien attaché à Dieu , et que vous ayez en vue ses jugeûiens , vous souffrirez plus aisément qu'on vous donne le tort.

2. Le Ch. Ah! Seigneur, où en sommeB-nous réduits? On pleure une perte temporelle, on prodigue son travail çt ses pas pour un léger intérêt; et Ton oublie les pertes spirituelles, et à peine sur le tard rentrc-t-on en soi-même.

On est attentif à ce qui ne sert que peu ou point du tout, et Ton pa8S« avec négli* gence sur Tunique nécessaire; parce que l'homme se répand tout entier au dehors, et qu'il demeure aisément arrêté s'il ne rentre promptement en lui-même.

PRATIQUE

Se considérer comme tkne personne morte et crucifiée au monde, c'est, i. ne s'attacher à rien qu'à Dieu , à son devoir et à son salut ; a. c'est regarder toutes choses en passant , et se dire : Je suis ici aujourd'hui , demain je n'y serai plus. A la mort , aue me sera cet honneur , cette fortune , cette satisfac- ' tion ? C'est ce que je veux qu'ils me Soient durant ma vie.

Heureux un Chrétien dont le cœur meurt ainsi avant le corps , et qui tous les jours tâche de mourir avec mérite à quelqu'une des choses qu'il doit quitter en mourant! Cet lieureux mourant est sûr de bien mourir un jour.

on est insensible^ et qui seule devrait toucher vok

' x'Chrëtieu. C'est-à-dire , ô mon Dieu ! que tous les hommes ne perdent aucun !»ien sans regrtrts , et qu'il n'y a que vous qu'ils perdent sans douleur , vous qui êtes le bien souverain.

FRIÈBE.

Eclairez , Seigneur , nos esprits , et touchez nos cœurs sur la grandeur de la perte qu'ils font en yous perdant ; et faites qu'en vous préférant à toutes choses, ils aiment. mieux perdre tous les biens du monde que de perdre un moment votre grâce et voire amour. Quand sera-ce , ô mon Dieu î que je serai sur la terre comme les morls sont dans leurs tombeaux? ce que dit S. Paul être l'esm-it, le caractère et le devoir des Chrétiens. Quand sera-ce que je ne penserai plus au monde, et c^ue je serai content que le monde ne pense plus à moi? Dès maintenant je veux ainsi mourir à tout , pour ne plus vivre qu'à vous, Seigneur , à qui seul je veux vivre dans l'éternité. Ainsi soit-il.

Page 1