LES CHOSES LES PLUS FACHEUSES
Mon fils , ue perdez point courage dans les travaux que vous avez entrepris pour moi , et ne vous laissez point entièrement abattre par les afflictions ; mais que mes promesses vous fortifient en tout événement , et vous consolent. Je suis suffisant et bon pour vous récompenser au-delà de toutes bornes et de toute mesure.
Vous n'aurez pas long-temps à travailler ici -bas, et vous ne serez pas toujours dans
la peine. Attendez un peu, et bientôt vous verrez la fin de vos maux.
Le moment viendra auquel tout travail . et tout trouble cesseront. Tout ce qui passe ' avec le temps est court et peu considérable.
2. Faites bien ce que vous faites; travaillez fidèlement à ma vigne, je serai votre récompense. Ecrivez, lisea;, chantez , gémissez, gardez le silence, priez, souffrez courageusement les adversités; la vie éternelle mérite biei* d être acquise par ces combats, et par de plus grands encore.
La paix viendra au jour qui est connu du Seigneur; et ce ne sera point, comme ici-bas , un jour suivi de la nuit , mais une lumière continuelle, une clarté infinie, une paix ferme et un repos assuré.
Vous'ne direz plus alors : Qui me déii'vvc-na de ce corps mort (Rom. 7. a4) ? et , vous ne vous écrierez point: tiélas I que mon eodi est long ( Psal. 119. 5 ) ! parce que, la m^ort étant détruite (Isa. â5. 8 ), vous jouirez d'un salut perpétuel; qu'à labri de toute inquiétude, vous goûterez une bienheureuse joie au milieu d'une douce et belle société.
3. O si vous voyiez dans le Ciel les couronnes éterneHes des Saints, et dans quels glorieux ravissemens sont maintenant ceux que le monde regardait autrefois avec
. mépris, et comme des personnes indignes ^e la vie , il est bien sûr que vous ne tarderiez pas à vous humilier profondément,
^i^u LIMITATION DE J.-C.
et que vous préféreriez d'obéir à tous, plutôt que de commander à un seul !
Vous ne désireriez plus les beaux jours de cette vie, mais vous vous feriez une joie de souffrir encore davantage pour Dieu, et vous estimeriez ne pouvoir faire un plus grand gain que detre compté pour rien parm^i les hommes.
4- O si vous goûtiez bien ces vérités, et si elles entraient bien avant dans votre cœur, comment osericz^vousunf^ saule fois vous plaindre?
Y a-t-il rien de pénible qu il ne faille supporter pour acquérir la vie éternelle ? Ce n est pas une petite affaire que de perdre eu dogagncr le Royaume de Dieti.
Levez donc les yeux vers le Ciel , où je suis, et où tous mes Saints sont avec moi.
Après avoir essuyé de grands combats dans le monde, ils goûtent maintenant la joie et la consolation; ils sont maintenant en assurance et en repos, et ils demeureront éternellement avec moi dans le Royaume de mon Père.
PPxATIQUE.
Que ce mot est dur : 11 faut souffrir toujours! toujours se combattre, toujours se renoncer , et toujours mourir à soi-même ; sans cela point de sûretë pour le salut ! Mais que la foi et Tespërance d'uu bonheur cternel que nous procurent les maux et les contre-
pnisqn'il e«t certain que rien ne nous consolera pli à la mort qiie ce qui nous a fait peine durant la viû, si nous avons tâché d'en faire un bon usage. Car kJots
liiyHË III. CilAF. Xt«YXil. .J^y
nous verrons que nous n'avons fait purement pour Dieu que ce que nous avons fait contre nous-mêmes , et qu'une vie vraiment chrétienne est une vie de croix et aabuégation*
FRIÉIUB.
Faites, ô mon Dieu! que, vivant de foi et d'espérance pour les biens éternels , nous souffrions, et que nous lassions servir les maux passagers de cette vie pour nous rendre dignes du bonheur éternel de l'autre. Que ne voudrions-nous pas avoir fait, souffert et quitté à la mort, pour mériter le Ciel? Faites passer, Seigneur, dans nos cœurs quelque chose de ces désirs stériles que nous aurons alors , pour produire maintenant les désirs vrais et ef&caces du renoncement à »inus-mênies. Faites-nous concevoir qu'il n'y a rien ae grand que ce. qui est éternel , et que tout ce qui passe avec le temps est petit et méprisable. O bonheur î ô joie I ô félicité éternelle du Ciel ! consolez les Chrétiens dans tous les maux de la lerie. Et, puis-
3u'il faut être nécessairement pénitent du temps ou e l'éternité, souflrir dans cette vie ou dans l'autre, eng[agez-nous , Seigneur, à souffrir avec patience les peines de celte vie , dans l'attente du bonheur éteme cle l'autre. Ainsi soit-il.