‹ Imitation de Jésus-Christ;Chapitre 159 sur 190 · LIVRE IV. CHAP. II · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. II

cipante à tou9 ses mérites; parce que la chanté de J.-G. ne dimintie jamais, et que la grandeur de sa miséricorde est inépuisable.

C'est pourquoi vous devez toujours vous y disposer par un renouvellement d'esprit , et considérer avec attention ce grand Mystère du salut.

Lorsque vous célébrez, ou que vous entendez la Mes&e , ce doit être pour vous une chose aussi grande , aussi nouvelle et aussi agréable que si J.--C. , descendant pour la première fois ce jour-là même dans le sein de la Vierge « se faisait homme , ou qu'attaché à la Croix, il souffrit et mourût pour le salut des hommes.

PRATIQUE

Considérez , en approchant de la sainte Communion , quelle est la grandeur et la majestë de celui aue vous allez recevoir , et quelle est la bassesse et 1 indignité d'une vile créature qui reçoit son Dieu. Dites -lui en vous humiliant en sa présence : Qui suis^Je ^ Seigneur , pour oser approcher de vous ? et qui etcs-vous vous-même, pour vous abaisser jusqu'à venir à moi ? Si je considère d'une part rèxcellence • de votre sainteté et de votre pureté, et de l'autre la con*uption et les déréglemens de mon âme, je reconnais devant vous que je suis tout-à-fait indigne de vous recevoir, et que je ne puis sans témérité vous faire entrer dans mon cœur. Mais , parce que je re> ffarde l'excès de votre bonté, et le besoin que» j'ai de vous pour ma sanctification et pour mon salât , j'approcherai de vous , 6 mon Sauveur ! avec une sainte confiance , sachant ce que vous avez dit dans l'Evangile, que ceux qui sont malades ont plus besoin du médecin que ceux qui se portent bien , et que vous venez à nous pour chercher et pour sauver ceux

qui s'ëtaîent éloignés de vous , et qui étaient en dan*^ ger de se perdre ; vous qui n'êtes tout ce que tous êtes que pour nous aimer , et pour nous sauver ; vous eufi^n dont l'inclinatioa dominante est un cœur touché , changé , et vraiment converti. Je suis pécheur , il est vrai , mais je ne veux plus l'être. Je ne sens ni consolation ni goût de votre présence ; mais je sens nies misères , et je viens les porter à un . Dieu de miséricorde , et cela me suffît.

il. D'oii me vient cet honneur et ce bonheur , que la majesté souveraine d'un Dieu veuille bien s'abais* ser jusqu'à devenir la- nourriture et la vie de mon âme ? Ah ! je vois que cela vient de Thumilité profonde d'un Homme-Dieu , qui a voulu porter son anéantissement jusqu'à ne paraître plus^ je ne dis pas un Dieu, mais même un homme , et à faire éclipser tout l'éclat de ses grandeurs , pour ne iàire éclater dans ce Sacrement adorable que l'excès de sa bonté et les charmes de son amour. O mon Sauveur! vous cachez vos divines perfections à nos yeux, pour ne pas les éblouir j mais vous faites sentir à nos coeurs la profondeur de votre humilité, pour nous engager à l'imiter. O mon cœur f pouvez-vous désirer de paraître , en voyant un Dieu disparaître à nos yeux dans la divine Eucharistie? et comment un ver de terre , comme je suis , voudrait-il s'élever , en considérant qu^ûn Dieu s'anéantit dans ce Mystère , pour lui imprimer le caractère de son humilité ?

3. 9«e dites point, âmes chrétiennes, que vous n'osez si souvent approcher d'ui^ Dieu si grand et si redoutable. Vous en êtes indignes , il est vrai , et vous ne cesserez point de l'être , si vous ne tâchez à ne l'être pas par une continuelle attention sur vousmêmes. Mais ce n'est point un poison , dit S. Augustin, que ce pain des Anges ; c'est une nourriture laite à vos usages, e\ nécessaire au salut de votre âme. Recevez-la souvent , nourrissez-en votre cœur ; maàj que cette viande céleste n'ait point chez vous l'efiet des viandes exquises de la terre , auxauelles on s'accoutume / et dont on petd le goût par l'habitude. Les dispositîons saintes oii vous devez être en recevant ce Dieu saint, doivent croître en, vous à mesure que vous approchez de sa table. Il ne nous apï>artient pas de connaître ce pr^rès : mais il est ♦'^njours progrès quand nous nous efiorçons de plus en

plus à devenir plus saints par la voie de Tatteation \ et de rhumilité.

FRIÈRE

En se disposant à communier.

Je crois , Seigneur , que vous êtes mon Dieu , et l'arbitre souverain de mon éternitë. Avec quel respect dois-je approcher de Vous? Hélas ! 'qui suis-je, pour oser seulement lever les yeux vers vous? Et comment puis-je me Tësoudre de vous. faire entrer dans un cœur comme le mien , si misérable , si corrompu , et si indigne de vous? Suppléez, Seigneur , au défaut de mes dispositions par 1 excès de votre bonté , qui ne suppose point, |nais qui fait le mérite de ses créatures.

O grandeur infinie ! ô majesté souveraine ! ô immensité d'un Dieu, renfermée, cachée et anéantie dans FEostie que je vais recevoir! je vous rends toute la gloire qui vous est due, et à moi tout le mépris que je mérite. Venez , mon Jésus , venez remplir de la plénitude de votre amour mon cœur, qui en est si vide çt si dépourvu. Venez vous substituer en ma place j venez relever le pauvre de la Soussière et du néant , pour l'élever à la possession e votre cœur et de votre amour. Je ne suis rien , je suis un pécheur, et je ne mérite que l'enfer. Ah! si j'osais, je vous dirais avec S. Pierre: Retirezvous de moi. Mais , craignant d'entendre ce que vous lui dites , qu'il ne participerait paint à votre gloire , s'il n'honorait votre humilité qui s'abaissait jusqu'à lui , je consens de vous faire naître dans mon cœur mille fois plus pauvre que la crèche , pour ne plus vivre que de vous et pour vous. Ainsi soit-il.

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